Jagna Ciuchta, AAAAHHH!!! Paris Internationale. 2015

Jagna Ciuchta, AAAAHHH!!! Paris Internationale. 2015

20 oct. — 24 oct. 2015
Hors les murs AAAAHHH!!! Paris Internationale

L’exposition de Jagna Ciuchta se déploie en all-over dans l’espace alloué à La Salle de bains par Paris Internationale. Elle est ponctuée par quatre peintures encadrées inédites.

La composition murale s’organise comme les partitions d’une polyphonie, c’est-à-dire comme des éléments autonomes mais également conçus pour être combinés, pour se superposer et être joués simultanément. Les quatre peintures sont accrochées sur une peinture murale dont les motifs prolongent les dégradés au spray. En contre-point du mur blanc sur lequel se déploie la peinture murale et à l’opposé également de la conventionnelle toile qui accueille la peinture, les supports des quatre peintures encadrées eux ne sont pas des surfaces vierges mais des vues d’expositions vides.

En somme, la photographie sert de fond à la peinture et inversement, comme s’il s’agissait de court-circuiter, d’interférer, de diférer ou d’anticiper la prise de vue photographique d’une œuvre ou d’une exposition — une dynamique qui traverse et anime toute l’œuvre de Jagna Ciuchta. Elle croise ainsi les pratiques de prédécesseurs comme par exemple Ernst Caramelle, Renée Lévi ou Katharina Grosse.

Les peintures abstraites de Jagna Ciuchta font corps avec l’architecture et elles a eurent souvent à la surface d’images imprimées, assumant ainsi pleinement l’aspect ornemental et primaire de la peinture dès lors qu’elle est conçue pour s’insérer dans l’architecture ou telle qu’elle s’applique aussi ici de manière décorative autant que parasitaire à des représentations guratives. Les motifs de dégradés en diagonale qui rythment l’espace sont ici l’équivalent d’une signature et quoiqu’il en soit d’un geste pictural qui marque littéralement ces images appropriées que sont ces scénographies, ces lieux architecturaux, ces vues d’expositions en démontage. (…)

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La Salle de bains invitée par Paris Internationale 2015

Hors les murs → AAAAHHH!!! Paris Internationale

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08 sept. — 07 nov. 2015
Hors les murs Galerie des Terreaux

« Les choses que tout le monde ignore et qui ne laissent pas de traces n’existent pas » est une citation de La Conscience de Zeno (1923) de l’écrivain Italo Svevo.

Dans cette auto-biographie fictive qu’il adresse à son docteur et psychanalyste, l’auteur interroge la sincérité de l’introspection dès lors qu’elle est partagée avec un tiers ou rendue publique. Il fait ainsi part de toute sa réticence à l’égard de la psychanalyse.

A travers cette nouvelle psychologie des profondeurs, le personnage principal et narrateur, Zeno, s’enfonce dans les dédales d’une mise en abîme permanente de sa propre pensée et d’une mise en scène de lui-même où se confondent joyeusement la réalité, la fiction et le fantasme — trois notions sous-jacentes aux nombreuses pistes de réflexions engagées par la présente exposition collective.

En résonance avec la Biennale de Lyon 2015
Galerie des Terreaux 
12 place des Terreaux
69001 Lyon

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12 juin — 09 août 2015
Hors les murs Institut d’Art Contemporain

Dans le jargon informatique, noclip se traduit en français « passe-muraille ». Ce vocable provient plus spécifiquement de l’univers des jeux vidéos de tir à la première personne. Il définit l’état physiquement « éthéré » d’un personnage qui a la capacité de passer à travers n’importe quel élément de l’architecture (murs, sol, plafond). Dans le présent contexte, il est simplement le terme auquel l’exposition personnelle de l’artiste canadien Steve Bishop emprunte son titre. Pourtant de prime abord, rien dans cette exposition n’évoque l’univers des jeux vidéos…

Un exposition hors les murs du centre d’art La Salle de bains
Commissariat : Caroline Soyez-Petithomme
Adresse : Institut d’Art Contemporain
11, rue du Docteur Dolard
69100 Villeurbanne

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13 mai — 17 mai 2015
Hors les murs Espace Verney-Carron

Ecouter gratuitement l’album Noise Surround enregistré par BrutPop et réalisé en collaboration avec les patients du Centre Hospitalier Saint Jean de Dieu de Lyon
Nuits sonores – Extra!

La Salle de bains invite BrutPop (David Lemoine, chanteur du groupe Cheveu et Antoine Capet, éducateur et fondateur de la revue Entrisme) à réaliser une création musicale en collaboration avec les patients du Centre Hospitalier Saint-Jean de Dieu. La Salle de bains investira pour l’occasion l’Espace Verney-Carron situé à Confluences, le quartier phare des Nuits Sonores.

BrutPop
David Lemoine, chanteur du groupe Cheveu
et Antoine Capet, éducateur et fondateur de la revue Entrisme.

Espace Verney-Carron
45 quai Rambaud — 69002 Lyon

Concerts
Vivian Grezzini / Ecoute la Merde / Underground pollution Christophe Bernard / Noizemaker / NHDIYSTREC

L’exposition Noise Surround est un partenariat entre La Salle de bains et le Centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu qui a bénéficié des aides du programme « Culture et santé », de l’ARS, de la DRAC-Rhône-Alpes et de la Région Rhône-Alpes.

Scénographie de l’exposition: Elsa Audouin
Graphisme: Huz & Bosshard

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10 avr. 2015 — 03 janv. 2016
Hors les murs Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière

Sticks and Stones est une série de sculptures que l’artiste écossaise Lucy Skaer a initié en 2013 à partir d’une planche d’acajou rouge (mahogany en anglais). Appelé également «acajou de Bélize », ce bois porte le nom du fleuve qui est aussi celui de l’ancienne colonie britannique située au Brésil. Cette essence précieuse et sacrée a été exploitée à partir de la fin du 19ème siècle pour la fabrication de navires et surtout exporté en masse via le fleuve Bélize pour la production de meubles peu coûteux fabriqués au Royaume-Uni.

Lucy Skaer
Née en 1975 à Cambridge. Vit et travaille à New York et Glasgow.

Musée Gallo-Romain de Lyon-Fourvière
17 rue Cléberg — 69005 Lyon

Sticks and Stones est un partenariat entre La Salle de bains, le British Council Scotland, le gouvernement écossais, le Musée Gallo-Romain de Lyon-Fourvière et le Grand Lyon – Métropole, les galeries Peter Freeman, inc. et Murray Guy.

28 nov. 2014 — 17 janv. 2015
Hors les murs École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon

Le PVC rose brillant semble encore humide, comme une couche de peinture fraîchement posée non pas sur le mur mais le long du mur, simplement suspendue à un rail d’aluminium.

Cette nouvelle série d’œuvres réalisée par Halvor Rønning et Martyn Reynolds est littéralement de la peinture sans châssis ni toile. Son type d’accrochage évoque la tapisserie autant que l’atmosphère transpirante d’une salle de gym. Le monochrome rose sert à la fois de fond et de surface, il s’entremêle par intermittence aux autres éléments de la composition picturale. Ce matériau étrange, redondant et kitsch fonctionne comme la peau neuve et toujours plus artificielle de ces images désincarnées de célébrités.

Halvor Rønning & Martyn ReynoldsNés en 1984 à Bergen et en 1981 à Auckland.
Basés à Oslo et à Vienne.
En partenariat avec la résidence Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes, L’Ambassade Royale de Norvège, le Norwegian Visual Artists Remuneration et l’ENSBA de Lyon.

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05 juin — 17 août 2014
Hors les murs MAC Lyon

Ben Schumacher est né en 1985 à Kitchener (Canada) où il a étudié l’architecture au sein de la Waterloo University. Après avoir travaillé pour plusieurs agences d’architecture, il entreprend des études de Beaux- Arts à New York (où il vit et travaille depuis).

De sa courte expérience d’architecte, il a conservé un grand intérêt pour les schémas, notes et dessins, mais aussi pour les maquettes, les échantillons de matériaux et les multiples supports de communication plus ou moins élaborés en termes de graphisme, de technique d’impression et de reproduction.

13 juin — 02 août 2014

A La Salle de bains à Lyon, l’artiste néo-zélandais Tahi Moore présente quatre nouveaux courts métrages sans son mais dont les sous-titres fonctionnent tour à tour comme des commentaire en voix-off de l’artiste et comme les répliques des dialogues entre acteurs. La banlieue d’Auckland est le décor dans lequel les personnages évoluent à la recherche de leurs raisons d’être en rompant avec leur quotidien, avec leurs habituelles existences qu’ils définissent comme oisives et indécises. Chaque court-métrage repose sur l’ambiguïté de ce qui est réel ou fictionnel et sur l’impossibilité d’une autopoïèse épanouissante dans les rôles joués par chaque personnage.

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18 avr. — 07 juin 2014

L’image du carton d’invitation constitue une des possibles entrées dans l’exposition « Sans titre » de l’artiste autrichien Ernst Caramelle. Il s’agit de la valise dans laquelle le peintre range ses pinceaux, éponges et esquisses de futures peintures. Elle incarne de manière presque emblématique ce qui a fait la renommée de l’artiste au cours de ses quarante dernières années : des peintures murales abstraites et éphémères qui jouent avec l’architecture du lieu d’exposition. Cette image s’avère également, non sans humour, archétypale de l’idée du peintre se déplaçant avec ses couleurs comme avec un atelier portatif. Ernst Caramelle voyage pour réaliser des peintures uniques qui ne sont donc ni transportables ni transposables.

La matérialité des peintures et l’économie de moyens dont elles résultent — des pigments purs dilués dans de l’eau et appliqués directement à l’aide d’un pinceau ou d’une éponge sur un mur non-préparé — portent en eux une certaine forme de légèreté mais aussi de fragilité qui persiste après l’intervention de l’artiste. Bien qu’il ait cessé de réaliser des performances dès les années quatre-vingt, la réalisation de ses peintures peut être comprise comme une forme résiduelle, minimale et invisible, de performance. Cette fragilité réside également dans un ensemble de critères qui se déduisent des peintures : la présence de l’artiste demeure indispensable tout comme son appréhension aiguisée des contraintes architecturales et le savoir-faire qu’il a élaboré au fil de sa carrière. Le choix de ne pas rendre transmissible la réalisation de ses peintures est radical puisqu’Ernst Caramelle n’a jamais réalisé de peintures sur toiles ou sur bois. En outre, a contrario de certains artistes conceptuels, comme par exemple Sol Lewitt, Ernst Caramelle n’accompagne pas ses peintures d’un certificat ou d’instructions qui permettraient de refaire l’œuvre ici ou ailleurs, programmant ainsi la disparition de la majeure partie de son œuvre et rendant impossible toute rétrospective au sens strict du terme.

Pour La Salle de bains à Lyon, l’artiste a réalisé plusieurs peintures in situ qu’il a entrepris de faire dialoguer avec une partie de sa collection d’images anonymes, qui constitue le pendant graphique et pérenne de son travail pictural. Contre toute attente, les peintures n’ont rien de monumentales, elles ne se confrontent pas au lieu de manière frontale mais occupent subtilement les retours des murs, les espaces de transition entre chaque salle, laissant ainsi une large place aux images sérigraphiées. Ces dernières sont des collages ou montages d’images trouvées à partir desquelles l’artiste perpétuent des agencements ou variations, ces posters sont pour la plupart des éditions non numérotées et non signées redoublant ainsi leur anonymat.

La transparence des peintures qui révèlent les surfaces plutôt qu’elles ne leur font écran ou ne les obstruent répond aux effets de transparence et de superpositions des compositions réalisées avec des images trouvées. Les rectangles et découpes créées par les peintures laissent supposer que les compositions picturales pourraient être les esquisses ou maquettes de futurs collages, les zones de couleurs abstraites seraient alors remplacées par des images. Cette juxtaposition de peintures abstraites et d’images se poursuit dans les livres d’artistes disposés à l’entrée de l’exposition pointant ainsi qu’Ernst Caramelle ne pratique pas une peinture conceptuelle abstraite dogmatique ou orthodoxe, que tout demeure ouvert, en perpétuelle évolution ; et en contre-point de la maîtrise de l’espace et de la couleur qui sont en quelque sorte devenus ses marques de fabriques, l’imprévu, l’aléatoire et l’accident font toujours partie intégrante de son processus de création.

Ernst Caramelle est né en 1952 à Hall (Tyrol) en Autriche. Il vit et travaille à Karlsruhe, Frankfurt sur le Main et New York.
Commissariat de l’exposition : Caroline Soyez-Petithomme

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10 sept. 2013 — 04 janv. 2014

Bruno Botella met en place des procédés de fabrication complexes dont le but serait non pas d’aboutir à un objet déterminé mais de traverser les états provisoires de la matière. La sculpture n’est jamais qu’une étape dans un processus que l’artiste cherche à faire déborder. Les objets, au terme de longues recherches, doivent toujours être soumis à une nouvelle action, être mis en tranche, plongés dans l’eau, retournés comme une chaussette ou jetés dans un caniveau, soit selon les dires de l’artiste subir « un coup tordu ».

Bruno Botella, né en 1976 en france vit et travaille à Paris.
Représenté par la Galerie Samy Abraham.
Commissariat : Caroline Soyez-Petithomme
FOCUS / Biennale de Lyon Résonance

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05 sept. — 05 nov. 2013
Hors les murs Centre hospitalier Saint Joseph Saint Luc

Le travail de David Malek semble s’inscrire de manière exclusive dans une histoire spécifique, celle de la peinture abstraite américaine. Il a pourtant réalisé indifféremment ces dernières années des séries géométriques et des séries figuratives qui ont beaucoup en commun d’un point de vue conceptuel. Les espaces qu’elles ouvrent renvoient à des moments d’accomplissement historique de la Raison (l’invention de la perspective, les Lumières, la conquête de l’espace), ou au contraire à des moments d’échec brutaux, où le jeu s’arrête et où la logique connaît un crash violent (comme la couleur du carton, empruntée à l’écran bleu qui signale sur windows qu’un problème grave -fatal- est survenu). Qu’une peinture abstraite puisse être regardée comme une peinture d’histoire n’est pas l’une des moindres intuitions que porte son travail.

Ajoutons un élément essentiel. S’il est entendu que la reproduction d’une œuvre d’art est toujours mensongère, cette affirmation se vérifie particulièrement devant ce travail. Les images promettent une peinture lisse, propre, et graphique. Mais ses œuvres sont épaisses, et artisanales. Il ne s’agit pas ici de fétichiser la matière, l’accident ou le fait-main, ou de valoriser le mal-fait contre le bien-fait.
Il s’agit simplement d’indiquer que cette peinture est le fruit d’une croyance rationnelle (« chacun possède la capacité d’accomplir un travail de qualité ») et qu’elle défend résolument une approche matérialiste de l’art : « il existe un artisan intelligent en chacun de nous » (R. Sennet, The Crafstman).

David Malek
Né en 1977 (USA).
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Triple V, Paris et Ribordy Contemporary, Genève

Commissariat : Jill Gasparina
FOCUS / Biennale de Lyon Résonance

Centre Hospitalier Saint Joseph Saint-Luc
20 quai Claude Bernard, 69007 Lyon

Le Centre Hospitalier Saint Joseph Saint-Luc reçoit le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles Rhône-Alpes, de la Région Rhône-Alpes et de l’Agence régionale de santé Rhône-Alpes dans le cadre du programme régional “Culture et Santé”.

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07 juin — 13 juill. 2013

Space Soap Strange Hypnosis Opera est le titre commun aux deux expositions personnelles qui se tiennent en même temps à La Salle de bains, celle de David Evrard (BE) et celle de Mathis Gasser (CH).

“J’aime vraiment la culture en général, explique David Evrard, c’est pour cette raison que je m’intéresse à tous ces trucs, autant à la paysannerie qu’aux groupuscules anarchistes, aux comics ou à Faulkner, Flaubert, et Mallarmé.” Son exposition est ainsi un condensé d’obsessions culturelles très personnelles, de formes récupérées, et de produits d’expériences improvisées qui s’accumulent généreusement. 

Mathis Gasser montre pour la première fois des œuvres appartenant à The Alien Project, notamment une nouvelle série d’une vingtaine de peintures. Ce projet, entamé en 2012, porte l’impact que la découverte potentielle d’êtres extraterrestres pourrait avoir. L’alien sort ainsi du contexte cinématographique pour devenir une créature de pensée, permettant d’élaborer de nouvelles manières d’envisager ce que serait l’Autre, et le futur sur le vaisseau spatial terrien.

David Evrard
Né en 1970 (Belgique).
Vit et travaille à Bruxelles.
Artiste et auteur, membre du collectif Komplot avec lequel il édite la revue YEAR.

Mathis Gasser
Né en 1984 (Suisse).
Vit et travaille à Londres.
Représenté par Ribordy Contemporary.

Cette exposition reçoit le soutien de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture et de WBI – Wallonie-Bruxelles International.

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05 févr. — 27 avr. 2013

Après un artiste accroupi, des monochromes roses et une chorale, récemment présentés au centre d’art contemporain Circuit de Lausanne, Aloïs Godinat investit l’espace de La Salle de bains à Lyon avec une partition et des séquences visuelles et sonores systématiques, intenses et minimales. Entre répétition, amplification et condensation, l’exposition convoque un refrain à la fois proche et lointain. La pratique de l’artiste suisse Aloïs Godinat (né en 1978) est essentiellement centrée autour de la sculpture de petite taille, l’utilisation de matériaux pauvres, de l’imprimé, de formes et de gestes conjugués au passé, et d’expérimentations sonores. A l’occasion de son exposition personnelle BABANANALILITÉTÉ, Aloïs Godinat poursuit ailleurs et autrement ses recherches formelles et conceptuelles sur les objets récurrents qui constituent son répertoire.

Aloïs GodinatNé en 1978 (Suisse).
Vit et travaille et à Lausanne.
Représenté par Chez Valentin et Galerie Francesca Pia.

Commissariat : Lionnel Gras

Cette exposition  a reçu le soutien des Affaires culturelles de l’Etat de Vaud, du Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève (FMAC), de la Ville de Lausanne et de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture.

Vue de l'exposition: Lisa Beck, Endless. 
Premier plan: Freestanding X, 2012, huile sur toile et mylar sur châssis. 
Arrière plan, droite: "Incidence 1, 1990, 5 panneaux de bois recouvert de mylar, dimensions variables. Gauche: Incidence 2, 1990, 4 panneaux de bois recouvert de mylar, dimensions variables

Vue de l'exposition: Lisa Beck, Endless. Premier plan: Freestanding X, 2012, huile sur toile et mylar sur châssis. Arrière plan, droite: "Incidence 1, 1990, 5 panneaux de bois recouvert de mylar, dimensions variables. Gauche: Incidence 2, 1990, 4 panneaux de bois recouvert de mylar, dimensions variables

08 déc. 2012 — 17 mars 2013
Hors les murs Fort du Bruissin

Pour sa dixième exposition, depuis sa réhabilitation, le Fort du Bruissin, centre d’art contemporain de Francheville a invité Caroline Soyez-Petithomme, directrice artistique de La Salle de bains, a concevoir un projet d’exposition d’un ou une artiste de son choix. Elle a choisi de présenter le travail de l’artiste américaine Lisa Beck et d’investir l’ensemble des espaces d’expositions du centre d’art contemporain.

→ Fr/ Eng Texte complet au format pdf

Lisa Beck
Née en 1958 (USA).
Vit et travaille à NYC.
Représentée par Feature Inc. et Lisa Ruyter.

L’exposition Endless de Lisa Beck est un partenariat entre Le Fort du Bruissin (producteur de l’exposition) et La Salle de bains (commissariat par Caroline Soyez-Petithomme). Le Fort du Bruissin est financé par la ville de Francheville et la région Rhône-Alpes.

Archipel 
2012
Installation, vidéo-projecteurs, plaques de verre brisées avec film opaque de projection, résine capa, haut-parleurs, éclairage multicolore.

Archipel 2012 Installation, vidéo-projecteurs, plaques de verre brisées avec film opaque de projection, résine capa, haut-parleurs, éclairage multicolore.

Archipel est le titre qu’Adrien Missika a choisi pour son exposition personnelle à la Salle de bains et pour la nouvelle installation vidéo produite à cette occasion. Loin de tout fétichisme technologique et de toute sophistication en termes de display, c’est par un parti pris résolument low-fi que Missika recrée physiquement et métaphoriquement ce réseau discontinu d’îles caractéristique de l’archipel. C’est à la suite de voyages successifs et grâce aux images qu’il a tournées au volcan Kilauea à Hawaï, au cratère d’Ubehebe en Californie et à Stromboli sur les îles Éoliennes que l’artiste a concu Archipel.

→ Revue de presse au format PDF

Adrien Missika
Né en 1981 à Paris.
Vit et travaille à Genève et Berlin.
Représenté par Galerie Crone.

Cette exposition a reçu le soutien de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture – de la Ville de Genève, du Fonds cantonal  d’art contemporain, SCC, DIP, Genève –  République et Canton de Genève.
Grolsch est partenaire de nos vernissages.

Øystein Aasan 
Stripe Paintings
Vue d'exposition, La Salle de Bains, Lyon

Øystein Aasan Stripe Paintings Vue d'exposition, La Salle de Bains, Lyon

13 oct. — 03 nov. 2012

Lors de la première rétrospective de Frank Stella au MoMA en 1970, William Rubin qualifie les toiles de l’artiste américain de Stripe Paintings. Il ajoute que l’ensemble des différentes séries de peintures à bandes présentées pourrait être considéré comme l’extension d’un seul et même concept pictural, en dépit de toutes leurs différences.

L’exposition emprunte son titre à l’appellation de Rubin et propose d’analyser sous forme de projection, de conférence et de lecture, l’héritage visuel de Frank Stella dans les œuvres de Jean-Baptiste Maitre et d’Øystein Aasan.

→ Texte complet au format PDF

Øystein Aasan
Né en 1977 (Norvège).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par psm gallery.

Jean-Baptiste Maitre
Né en 1978 (France).
Vit et travaille à Amsterdam.
Représenté par Galerie Martin van Zomeren.

Commissariat : Arlène Berceliot Courtin
L’exposition Stripe Paintings a reçu le soutien de l’Ambassade de Norvège et de l’Office for Contemporary Art Norway.

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13 juin — 29 sept. 2012

Décrivons brièvement le contenu de l’exposition Ourhouse Episode 3 feat. BAD COPY: une vidéo (le troisième épisode de la série Ourhouse, entamée en 2010), un photogramme, une sculpture sur un socle lumineux, et un animatronique (une sculpture dotée d’un programme électronique qui lui permet d’être animée). L’ensemble est installé dans l’espace pour l’occasion totalement transformé de la Salle de bains. Les larges baies vitrées ont été occultées, et les murs recouverts d’un feutre fin qui crée une isolation sonore en même temps qu’il constitue un ensemble sculptural aux allures primitivistes. L’exposition se construit néanmoins autour de la vidéo, projetée symboliquement au centre de l’espace, dans un dispositif d’emblée carnavalesque puisqu’on peut passer derrière l’écran…

Nathaniel Mellors
Né en 1974 (Angleterre).
Vit et travaille à Amsterdam (Pays Bas).
Représenté par Matt’s Gallery (Londres), Monitor (Rome), Diana Stigter (Amsterdam).

Cette exposition a reçu le soutien de Fluxus, fonds franco-britannique pour l’art contemporain, Institut Français, Nomad, Matt’s Gallery, Mondriaan fund, Smart Project Space, Nederlands Film Fonds, Eastside Projects.

La traduction et le sous-titrage en français des épisodes 1, 2 & 4 de Ourhouse ont été rendus possible grâce au soutien de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas.

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03 avr. — 09 juin 2012

Tell The Children / Abstraction pour enfants est une exposition collective qui rassemble les œuvres de dix-huit artistes originaires de Suisse, des États-Unis et du Royaume-Uni.

La présente exposition fait écho à Paintings for Children (peintures pour enfants) réalisée par Andy Warhol en 1983 à la galerie Bischofberger à Zürich. Trente ans plus tard, Tell the Children / Abstraction pour enfants sonne comme un clin d’œil amusé à l’exposition qu’organisa Andy Warhol avec la complicité de son galeriste. À la Salle de bains, en 2012, les peintures ne sont plus des œuvres pop mais des peintures abstraites. Cependant, le principe d’accrochage est resté le même : des peintures de petit ou moyen format, accrochées à hauteur d’enfant sur un papier peint. Tell the Children / Abstraction pour enfants peut se lire autant comme une installation, une œuvre à part entière, qu’une carte blanche donnée à l’artiste Francis Baudevin. Elle offre ainsi un large panel de réflexions sur la peinture abstraite aujourd’hui et sur les influences réciproques qu’elle entretient avec le graphisme, le design industriel ou la bande dessinée.

Ian Anüll
Né en 1948 (Suisse).
Vit et travaille à Zurich.
Représenté par Mai 36.
John Armleder
Né en 1948 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représenté par Mehdi Chouakri.Lisa Beck

Née en 1958 (USA).
Vit et travaille à NYC.
Représentée par Feature Inc. et Lisa Ruyter.
Claudia Comte
Née en 1983 (Suisse).
Vit et travaille à Berlin.
claudiacomte.ch
Stéphane Dafflon
Né en 1976 (Suisse).
Vit et travaille à Lausanne et Paris.
Représenté par Air de Paris.
Philippe Decrauzat
Né en 1974 (Suisse).
Vit et travaille à Lausanne.
Représenté par Mehdi Chouakri.
Christian Floquet
Né en 1961 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Jacob Kassay
Né en 1984 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Eleven Rivington.

Richard Kirwan

Né en 1969 (Angleterre).
Vit et travaille à Londres.

 
Flora Klein
Née en 1988 (Suisse).
Vit et travaille à Lausanne.Emil Michael Klein

Né en 1982 (Allemagne).
Vit et travaille à Bâle.
Représenté par Gaudel de Stampa et Nicolas Krupp.
Stéphane Kropf
Né en 1979 (Suisse).
Vit et travaille à Lausanne.

Jean-Luc Manz

Né en 1952 (Suisse).
Vit et travaille à Lausanne.
Représenté par Susanna Kulli.
Olivier Mosset
Né en 1944 (Allemagne).
Vit et travaille à Tucson.
Représenté par Les Filles du Calvaire.

Mai-Thu Perret

Née en 1976 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
John Tremblay
Né en 1966 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Triple V.

Dan Walsh

Né en 1960 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Paula Cooper.

Commissariat : Francis Baudevin et Caroline Soyez-Petithomme

Tell The Children / Abstraction pour enfants a reçu le soutien de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture.

deller-video

19 mars 2012

Jeremy Deller et La Salle de bains ont le plaisir de présenter pour la première fois en France Our Hobby is Depeche Mode, un documentaire sur Depeche Mode et ses fans par Jeremy Deller et Nick Abrahams.

Jeremy Deller

Né en 1966 (Angleterre).
Vit et travaille à Londres.
Représenté par Art Concept.

cherpin-1

24 janv. — 10 mars 2012

Depuis ses débuts la sculpture de Stéphanie Cherpin se caractérise par une dimension paradoxale, entre brico­lage et monumentalité. Plus récemment, sa pratique se concentre davantage sur les espaces qu’elle investit, dans un jeu d’écho, de travestissement et de perturbation. No Room, le titre de l’exposition, évoque autant les contrain­tes auxquelles Stéphanie Cherpin a dû faire face dans la préparation de ses pièces que l’espace exigu de la Salle de bains. Pour la première fois, elle a travaillé en amont à partir d’une banque de données d’images, et d’un inven­taire de matériaux pour concevoir ensuite les pièces in situ.

Stéphanie Cherpin
Née en 1979 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représentée par Cortex Athletico.

Commissariat : Paul Bernard

expo Comique géométrique2

25 nov. 2011 — 07 janv. 2012

Après Vérité tropicale (Circuit, Lausanne, 2009) qui examinait l’existence de formes exotiques – certaines géométriques abstraites – héritées des mythologies pop; et La diagonale du vide (La Salle de bains, 2010) qui s’intéressait à la géométrie comme source et support de l’imaginaire collectif, mais également comme contrôle politique du territoire, l’équipe de La Salle de bains poursuit ses investigations sur la géométrie. L’exposition Comique Géométrique, comme son nom l’indique, et dès la blague qui illustre son carton, est dédiée à des pratiques comiques de la géométrie et de l’abstraction. Il faut entendre le terme “comique”, ici, dans un double sens, et d’abord celui du genre comique. Les œuvres de Comique Géométrique fonctionnent sur une série de procédés comiques assez classiques…

Mathis Gasser
Né en 1984 (Suisse).
Vit et travaille à Londres.
Représenté par Ribordy Contemporary.

Hedwig Houben
Née en 1983 (Pays Bas).
Vit et travaille à Amsterdam.

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François Morellet
Né en 1926 (France).
Vit et travaille à Cholet

Hugo Pernet
Né en 1983 (France).
Vit et travaille à Lyon.
Représenté par Triple V.
Performance de Hedwig Houben le 24 novembre 2011 à 19h30.

rubsamen-1

10 sept. — 29 oct. 2011

À l’occasion de sa première exposition personnelle en France, à La Salle de bains à Lyon, Glen Rubsamen présente une nouvelle installation composée de photographies, de peintures et de vidéos. Il poursuit ainsi son approche d’un élément iconique et archétypal du paysage exotique : le palmier.
Considérant le palmier comme un motif formel ou pictural et comme un outil conceptuel, l’artiste qui s’est récemment installé à Rome, a adapté ses recherches à ce nouveau contexte naturel et culturel. Bien que Rubsamen soit originaire de Los Angeles, sa fascination pour le palmier n’est pas directement lié à ses origines californiennes. Cet objet qu’il a érigé en véritable notion est à envisager comme un concept global au sens large du terme. C’est en Europe qu’il a commencé à s’intéresser à l’iconographie de cet arbre et c’est précisément au retour d’un voyage à Dubaï qu’il réalisé ses premières peintures de palmiers.

Glen Rubsamen
Né en 1957 (USA).
Vit et travaille à Dusseldorf, Berlin et Rome.
Représenté par Mai 36 et Robert Miller.

GARAIT-LEAVENWORTH

10 sept. — 29 oct. 2011

L’année 2011 a vu le triomphe définitif de Mad Men. La mini-série télé The Kennedys a lamentablement échoué, mais la tournée Âge tendre et tête de bois a connu plus de succès encore que les années précédentes. Les rédactrices de mode n’ont eu de cesse d’exhorter leurs lectrices à porter des couleurs vives, des jupes midi, des tailles hautes bien marquées et de larges traits d’eye-liner. Et la Beatlemania est toujours mondiale.

Par delà la mode du vintage et le jeu des revivals si fréquemment utilisés par le marketing, il se pourrait que l’année 1964 soit un excellent miroir pour approcher les enjeux culturels et politiques de l’époque qui est la nôtre. La New York World’s Fair attire entre 1964 et 1965 près des 52 millions de spectateurs. Ouverte dans le Queens quelques mois seulement après l’assassinat à Dallas de John F. Kennedy, elle offre à une foule massive de visiteurs l’expérience réconfortante mais mensongère d’un monde d’innovation, de confort, et de progrès.

Nicolas Garait-Leavenworth

Né en 1978 (France).
Vit et travaille à Lyon.
Représenté par Cortex Athletico.

 

The Nun and The Architect, performance de Nicolas Garait- Leavenworth, le jeudi 6 octobre à 20h.

CLAYDON1

11 avr. — 30 juill. 2011

À l’occasion de sa première exposition personnelle en France (à la Salle de bains, à Lyon) l’artiste britannique Steve Claydon présente un nouvel ensemble d’objets. Mon Plaisir… Votre travail… rassemble quatre sculptures autonomes qui sont comme régulièrement animées par un dispositif lumineux et auditif. L’exposition forme ainsi un tout, une installation performative dont les membres de l’équipe de la Salle de bains sont les performers temporaires. Leur rôle consiste à retirer et remettre la tête de la céramique exposée dans la petite salle en fonction de la couleur du spot lumineux et du son produit par le synthétiseur Korg placé à l’entrée.

Steven Claydon

Né en 1969 (Angleterre).
Vit et travaille à Londres.
Représenté par Hotel.

GENET MAYOR1

14 févr. – 26 mars 2011

Genêt Mayor est un jeune artiste suisse. Né en 1976, il vit à Cheseaux-sur-Lausanne dans le canton de Vaud, près de Lausanne. Ses sculptures, assemblages ou dessins s’organisent en un répertoire de supports incongrus et d’objets trouvés que l’artiste orne de couleurs vives et de motifs abstraits, laissant apparaître par intermittence des éléments figuratifs, fantastiques et imaginaires.
Que ce soit par des effets de test projectif ou par le biais de fragments figuratifs, les œuvres se chargent de fragments d’histoires et de potentiels indices narratifs.

L’univers de Mayor demeure telle une bulle quelque peu isolée du monde, entre le microcosme fictif et la collection personnelle d’objets exotiques. Tel un commissaire d’exposition ou un metteur en scène, l’artiste joue avec sa propre production d’objets. Le display, la mise en regard des œuvres les unes par rapport aux autres, fait partie inhérente de la pratique artistique de Mayor. À chaque exposition, il expérimente différents moyens d’exposer, via des dispositifs aux connotations muséographiques diverses (cabinet de curiosité, galerie de sculptures, musée d’ethnographie, reconstitution d’habitat domestique ou boutique de souvenir).

Genêt Mayor

Né en 1976 (Suisse).
Vit et travaille à Cheseaux.

SOPHIA AJDIR6

14 févr. — 26 mars 2011

Dans son Vocabulaire d’Esthétique, Étienne Souriau écrit que le terme “motif” désigne, dans les arts plastiques, 1) un dessin ou en général une forme unitaire, sculptée ou peinte, qui se répète ou se développe de manière décorative, 2) la réalité que veut rendre un peintre.

Il ajoute, ce qui est faux, que le terme ne s’emploie pas en littérature avant de s’intéresser à l’étymologie du terme ; motivus désigne, en latin, “ce qui meut”. Le motif d’un décor ornementé, le motif, paysage où va le peintre, le motif (mélodique, harmonique, rythmique) qui est réputé conférer à une pièce de musique son allant, son allure ou son unité, paraissent avoir ceci de commun avec le motif (psychologique) d’un comportement, ou le motif (juridique) d’un arrêté, qu’ils impriment au contexte au sein duquel ils agissent une orientation, une direction, un but.

Sophia Ajdir

Née en 1986 (Maroc).
Vit et travaille à Bordeaux.

MCCOLLUM1

22 nov. 2010 — 22 janv. 2011

Dès ses premiers travaux, l’artiste américain Allan McCollum s’est évertué à tout quantifier : le nombre de pièces que ses systèmes lui permettent de fabriquer, celles qui ont déjà été réalisées, celles qui ont été exposées. Songeons aux Surrogate Paintings, ersatz de tableaux qu’il commence en 1978, puis aux Plaster Surrogates (à partir de 1982), moulages en plâtre peint dont la technique de fabrication accroît notablement la capacité de production de l’artiste. Songeons encore à la brocante générique que sont les Individual Works, petits objets moulés, réalisés en gypse à partir d’un assemblage de deux moules, chacun étant différent des autres. Les Individual Works ont été par exemple produits à 30 000 exemplaires, les Surrogates à quelques milliers.

Allan McCollum
Né en 1944 (USA).
Vit et travaille à Brooklyn.
Avec le soutien de Étant donnés, French-American Fund for Contemporary Art, programme de FACE ainsi que l’aide et le soutien technique de Graphicstudio / Institute for Research in Art.

clui-11

13 sept. — 06 nov. 2010

La présente exposition s’inscrit dans cadre du festival “Lyon Septembre de la Photographie” et propose donc, via le thème “US today after”, une réflexion sur les liens entre photographie documentaire et art contemporain.
The Center for Land Use Interpretation (CLUI – Centre d’interprétation de l’utilisation du territoire) est une organisation à but non lucratif fondée à Los Angeles, le CLUI est une organisation à but non lucratif fondée à Los Angeles en 1994. Son but est de documenter et de diffuser des informations sur la distribution, l’utilisation et la perception du territoire américain. L’ensemble des activités (campagnes photographiques, expositions, publications, résidences d’artistes) est entièrement documenté et mis en ligne sur le site Internet du CLUI. Cette base de données est l’objet central de l’entreprise qui combine supports multimédia et approches pluridisciplinaires.
L’exposition État d’urgence aborde le thème de la sécurité en général, via les sites d’entraînement et de simulation pour civils, policiers et militaires aux États-Unis. L’ensemble des 130 photographies offre un aperçu de ces lieux et paysages dont l’anticipation de la catastrophe est le maître mot implicite, mais dans laquelle ne figure ici aucune présence humaine.

CLUI
The Center for Land Use Interpretation (Centre d’Interprétation de l’Utilisation du Territoire) est une organisation à but non-lucratif fondée à Los Angeles en 1994. Son but est de documenter et de diffuser des informations sur la distribution, l’utilisation et la perception du territoire américain. L’ensemble des activités (campagnes photographiques, expositions, publications, résidences d’artistes) est entièrement documenté et mis en ligne sur le site Internet du CLUI. Cette base de données est l’objet central de l’entreprise qui combine supports multimédia et approches pluridisciplinaires.

Dans le cadre de l’édition 2010 de “Lyon Septembre de la Photographie”
Scénographie : Claire Moreux

DISCRETION8

21 juin — 31 juill. 2010

La présente exposition à La Salle de Bains s’articule en deux propositions parallèles : l’exposition personnelle de l’artiste britannique Sara MacKillop intitulée Addendum et l’exposition collective Discrétion/Détermination rassemblant des œuvres de Pierre-Olivier Arnaud, Elena Bajo, Nicolas Guiot, Shaan Syed et Adam Thompson.

En regard d’Addendum, l’exposition collective Discrétion/Détermination réunit des processus artistiques participant de la sélections d’objets ou d’images trouvés et de la destruction ou de la déconstruction de la photographie et de la peinture.
Discrétion/Détermination fait suite à la rencontre récente du commissaire avec chacun des artistes et aux coïncidences formelles et conceptuelles qui lient entre elles chacune des œuvres présentées.

Pierre-Olivier Arnaud
Né en 1972 (France).
Vit et travaille à Lyon.
Représenté par Art Concept.

Elena Bajo
Née en 1976 (Espagne).
Vit et travaille entre Berlin et New York.
Représentée par D+T Project.

Nicolas Guiot
Né en 1978 (France).
Vit et travaille à Paris.

Shaan Syed
Né en 1977 (Canada).
Vit et travaille à Londres.
Représenté par Michel Janssen.

Adam Thompson
Né en 1980 (Angleterre).
Vit et travaille à Londres.

SARA MACKILLOP2

21 juin — 31 juill. 2010

La présente exposition à La Salle de Bains s’articule en deux propositions parallèles : l’exposition personnelle de l’artiste britannique Sara MacKillop intitulée Addendum et l’exposition collective Discrétion/Détermination rassemblant des œuvres de Pierre-Olivier Arnaud, Elena Bajo, Nicolas Guiot, Shaan Syed et Adam Thompson.

Sara MacKillop travaille à partir de livres, de pochettes de disques, de fournitures de papeterie, de papiers anciens, d’étiquettes, d’oeillets ou encore d’enveloppes. Sa démarche procède autant de la collectionnite que de la flânerie, et résulte de ce que Sara MacKillop réunit au gré des disponibilités dans les librairies, papeteries, magasins de disques ou de livres d’occasion. Ainsi, elle sélectionne des produits, puis les détourne de leur fonction première.

Sara MacKillop
Née en 1973 (Angleterre).
Vit et travaille à Londres.

DIAGONALE DU VIDE7

17 avr. — 05 juin 2010

La diagonale du vide est une exposition construite d’abord en rapport avec le cinéma d’Eric Rohmer, récemment disparu. On sait qu’à la façon des moralistes du 17ème siècle comme Labruyère ou La Rochefoucauld, il était dans ses films un observateur très fin des mœurs de son époque et de ses pratiques de langages.
Mais du siècle classique, il hérita aussi la sensibilité arcadienne de Lafontaine, et l’œil géométrique de Pascal et il filma inlassablement le paysage français, dans tous ses archétypes : Paris, la ville de province, les plages bretonnes très embourgeoisées, ou encore les villages déserts de la diagonale du vide. Il évoquait ainsi la Drôme et la vallée du Rhône comme un lieu d’échanges et surtout comme un territoire ayant la forme d’un losange (et il s’agit aussi d’un jeu de mot sur le nom de la société de production fondée en 1962 avec Barbet Schroeder, les Films du Losange).

Simon Boudvin
Né en 1979 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Jean Brolly.

Andreas Dobler
Né en 1963 (Suisse).
Vit et travaille à Zurich.

Éric Tabuchi
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Dohyanglee.

Pierre Vadi
Né en 1966 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représenté par Triple V.

Arnaud Verin
Né en 1982 (France).
Vit et travaille à Angers.

 

MICK PETER 3

30 janv. — 27 mars 2010

Pour son exposition personnelle à la Salle de Bains, Mick Peter nous livre sa propre version de la nouvelle de Nicolas Gogol intitulée Le Nez (1835-36). À l’instar de l’adaptation que le compositeur de musique Dimitri Chostakovitch réalise dans les années 1930 pour un opéra, la présente interprétation relève de la fascination pour l’absurdité et l’humour cinglant du texte original.

Le Nez témoigne de la réalité grotesque de la ville de Saint-Pétersbourg, capitale érigée dans la plus grande incohérence et régie par la stupidité de son régime bureaucratique. Elle sert de cadre où s’agite une humanité au destin blafard. Parmi ce fourmillement, Gogol nous conte les aventures de Kovaliov, un agent de l’administration russe, assesseur de collège, dont le nez a subitement pris la fuite. Par le truchement des pérégrinations du nez devenu conseiller d’état et suivant la recherche de ce fugitif organe par son propriétaire, Gogol dresse un portrait satirique de Saint-Pétersbourg. Cette ville nouvelle, artificielle et trompeuse proclamée “fenêtre sur l’Europe” par l’Empereur Pierre Le Grand, n’est qu’un mythe ou une image.

Mick Peter
Né en 1974 (Allemagne).
Vit et travaille à Glasgow.
Représenté par Crèvecœur.

 

Magali Reus4

20 nov. 2009 — 16 janv. 2010

Le film Background, qui donne son nom à cette première exposition personnelle de Magali Reus en France, met en scène six hommes athlétiques qui ressemblent à des soldats. Ils accomplissent une série de tâches physiques chorégraphiées. La scène se déroule dans un environnement désertique et surréel, au milieu des agrégats, un espace absolument générique. Concentrés et absorbés de manière intense dans leurs actions, ces hommes font des mouvements dont le sens nous reste caché. Essaient-ils de tester leur force ? Sont-ils en compétition ? Le désir qui les meut nous reste étranger.

Comme l’écrit l’artiste : “le film devient un jeu entre trois éléments génériques, les hommes, les matières et le paysage qui semblent interagir. Pourtant, il est difficile de savoir lequel de ces éléments est le plus important et lequel fonctionne comme un simple arrière-plan.” Le film évoque une ambiance contemplative, proche de celle que l’on trouve dans le magnifique film Beau Travail de Claire Denis, qui met en scène un groupe de légionnaires à Djibouti, engagés dans des rivalités amoureuses et physiques. Mais ce qui intéresse Magali Reus est moins une analyse de la construction du genre (chez Denis, les hommes surjouent leur virilité tout en accomplissant des activités traditionnellement catégorisées comme féminines, qu’il s’agisse de repassage, ou de cuisine) qu’une proposition d’ordre sculpturale.

Magali Reus

Née en 1981 (Pays-Bas).
Vit et travaille à Londres.
Représentée par The Approach et Fons Welters.

Cette exposition a reçu le soutien du Fonds municipal de la Haye, Fonds BKV et de l’Ambassade des Pays-Bas en France.

ANTHEA HAMILTON5

19 sept. — 07 nov. 2009

Spaghetti Hoops est un plat traditionnel qui fait partie de la vie quotidienne britannique et c’est aussi le titre choisi par Anthea Hamilton pour sa première exposition personnelle en France.  Dérivé des pâtes italiennes, le “spaghetti hoops” peut être associé à la bonne qualité des oliviers baignés par soleil, mais qui aurait été transformé en un objet commercial – “l’interprétation de quelque chose de classique dans la culture européenne “, explique l’artiste.

La culture pop anglaise est un facteur essentiel de l’œuvre d’Anthea Hamilton, cependant, à La Salle de bains, elle l’aborde davantage en négatif ou comme un repoussoir. Elle portraiture avec humour l’idée (stéréotypée) de l’Europe comme une aire plus sensuelle et philosophique que la Grande-Bretagne. Une image all-over de pâtes couvre les murs de la salle principale et la disposition d’accessoires variés installe une vague atmosphère de carnaval. Grâce à une riche combinaison de matières colorées, brillantes, sensuelles, à la texture parfois presque liquide, Anthea Hamilton recrée l’effet iridescent de la lumière qui réfléchit sur les façades des architectures de la Sérenissime. Les aspects stéréotypiques de la culture vénitienne ou de l’expérience du touriste sont mis en relation avec une imagerie composée d’aliments sains et de corps bien entretenus. Cet environnement séduisant, bien que parfois saturé d’images, évoque avant tout le désir sexuel.

Anthea Hamilton

Née en 1978 (Angleterre).
Vit et travaille à Londres.
Représentée par Ibid Projects.

 

 

 

VERITE TROPICALE 5

06 juin — 04 juill. 2009

Hors les murs → Circuit, Lausanne

Qu’il s’agisse de Warhol et ses superstars new-yorkaises, ou d’Eduardo Paolozzi et Richard Hamilton et leur science-fiction industrielle, l’art pop s’est appuyé d’emblée sur des mythologies toujours spécifiques et locales. Vérité tropicale est une exposition d’été, pensée à partir de l’une de ces mythologies pop, la pulsion exotique qui submergea l’Amérique d’après-guerre.
Une dizaine d’années avant l’apparition du rock’n’roll, les célibataires américains adoptèrent l’escapism comme mode de vie, le dieu polynésien Tiki comme symbole de la libération sexuelle et du voyage, et l’exotica, un sous-genre d’easy-listening, devint la bande-son d’une génération bien décidée à s’amuser.
Dans des décors vaguement inspirés de l’art océanien (dans sa version touristique), un cocktail trop fort à la main, cette génération s’inventa pour un temps un paradis urbain à l’érotisme agressif où l’été ne finissait jamais.

Francis Baudevin

Né en 1964 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représenté par Art Concept.

Anthea Hamilton

Née en 1978 (Angleterre).
Vit et travaille à Londres.
Représentée par Ibid Projects.
Mick Peter

Né en 1974 (Allemagne).
Vit et travaille à Glasgow.
Représenté par Crèvecœur.

Magali Reus

Née en 1981 (Pays-Bas).
Vit et travaille à Londres.
Représentée par The Approach et Fons Welters.

Jeffrey Valance

Né en 1955 (USA).
Vit et travaille à Reseda (Californie).
Représenté par Galerie Nathalie Obadia.

Exposition présentée à CIRCUIT, Centre d’art contemporain (Lausanne) dans le cadre de la création contemporaine La belle voisine de Rhône-Alpes en Suisse. Elle a été initiée par la Région Rhône-Alpes et Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

SYLVAIN ROUSSEAU3

01 juin — 29 juill. 2009

Pour la Salle de Bains, Sylvain Rousseau a imaginé une exposition qu’il décrit comme un “scénario” dont chaque œuvre est un personnage. On y trouve, par ordre d’apparition, un perroquet (Le Grand Cacatoes Blanc, sculpture sonore), des cactus aux feuilles dessinées de croquis d’œuvres (Maybe), un grand plafonnier au néon, des posters (Maybe, Panoramic view of a daily walker, XXI), et des petites planches de bois en perspective, posées au sol (Eléments 1, 2, 3, 4, 5). Plusieurs questions se posent : Quel(s) « scénario(s) » ces sculptures jouent-elles, si ce terme est plus qu’une métaphore ? Et pourquoi avoir mis au centre, comme pour faire diversion, cet extravagant personnage principal qu’est le Grand Cacatoes Blanc ?

Sylvain Rousseau
Né en 1979 (France).
Vit et travaille à Paris.
Representé par Triple V.

TATHAM OSULLIVAN3

21 mars — 16 mai 2009

Joanne Tatham and Tom O’Sullivan sont basés à Glasgow. Ils travaillent ensemble depuis quatorze ans. Depuis 2005, leur pratique s’est radicalisée, suivant une systématisation rigoureuse de l’organisation de leur production et de leur collection d’objets.

Tatham et O’Sullivan rassemblent une large variété d’objets, allant des sculptures monumentales ou à échelle réduite, jusqu’à la peinture abstraite, les photographies, les collages, en passant par les readymade, les objets de fabrication artisanale ou les objets trouvés. Ils ont progressivement constitué un répertoire à partir duquel, ils déclinent et combinent des propositions prenant aussi bien la forme d’œuvres autonomes présentées dans des expositions collectives, que d’expositions entières composées d’objets de leur collection et conçues comme un ensemble.

Joanne Tatham & Tom O’Sullivan

Née en 1971 (Angleterre).
Né en 1967 (USA).
Vivent et travaillent à Glasgow.
Représentés par Sutton Lane.

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13 févr. — 19 avr. 2009

Hors les murs → Mac Lyon

À partir d’un lieu commun de la réception de l’art contemporain, l’exposition N’importe quoi présente une série de travaux d’artistes éminents sur le mode d’une collection de spécimens dans un musée d’histoire naturelle : une interrogation des conditions d’intégration d’une œuvre dans le monde de l’art et des relations entre l’espace du musée d’art et celui des galeries zoologiques, d’anatomie comparée, paléontologiques, etc.

Claude Closky

Né en 1963 (France).
Vit et travaille à Paris
sittes.net
Matthew McCaslin

Né en 1957 (USA).
Vit et travaille à Brooklyn.

Olivier Mosset

Né en 1944 (Allemagne).
Vit et travaille à Tucson.
Représenté par Les Filles du Calvaire.

Olaf Nicolai

Né en 1962 (Allemagne).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par Eigen+Art.

Mick Peter

Né en 1974 (Allemagne).
Vit et travaille à Glasgow.
Représenté par Crèvecœur.

Sylvain Rousseau

Né en 1979 (France).
Vit et travaille à Paris.
Representé par Triple V.

Joanne Tatham & Tom O’Sullivan

Née en 1971 (Angleterre).
Né en 1967 (USA).
Vivent et travaillent à Glasgow.
Représentés par Sutton Lane.
John Tremblay

Né en 1966 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Triple V.

Xavier Veilhan

Né en 1963 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Andréhn-Schiptjenko, Emmanuel Perrotin et 313 Art Project.
Fabio Viscogliosi

Née en 1965 (France).
Vit et travaille à Lyon.

Kelley Walker

Né en 1969 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Paula Cooper.

Une exposition de La Salle de bains au Musée d’art contemporain de Lyon.

Yann Géraud1

10 janv. — 08 mars 2009

Il a mûri lentement, sûrement, le plan de cette exposition. Yann Géraud s’est intégralement emparé de l’espace de La Salle de bains avec ses grandes compositions désaxées : condensation d’une mythologie très personnelle en cinq sculptures (Odyssée, Tas, Welcome, Erehwon, et New Original Erewhon House), Erehwon p.o.v. n’est pas une somme de propositions décoratives qu’on aurait simplement disposées dans l’espace. C’est un acte d’occupation énergique, une annexion. “Il faudrait avoir le courage de construire nos maisons comme des labyrinthes. ” (Nietzsche)
En dépit des formes physiques, tridimensionnelles, de ses sculptures, le travail de Yann Géraud se situe peut-être d’abord du côté de la poésie et dans le champ plus large de la création littéraire. Le titre est en lui-même une proposition poétique.

Yann Géraud

Né en 1977 (France).
Vit et travaille à Hambourg.

SDB-Meduse-15

17 nov. — 24 déc. 2008

L’éternel retour 1 : La Méduse s’intéresse au photogramme cinématographique, ou “Frozen Film”, extirpé de son contexte spatio-temporel. Un renversement s’opère : celui du passage de la salle de cinéma à la salle d’exposition. La croyance en l’image cinématographique est effectivement mise à l’épreuve dans l’exposition, à travers notamment un nouveau rapport à l’immobilité : d’une place assise et immobile, le spectateur devient mouvant.

Dans La Méduse, le mouvement est inversé – le spectateur tourne autour d’œuvres cinématographiques devenues immobiles. Plus généralement et dans un mouvement de distanciation brechtienne, le cinéma peut être considéré ici d’un point de vue structurel qui s’éloigne de toute construction traditionnelle du récit, mettant ainsi à nu les rouages de ce qui constitue l’essence même du cinéma, c’est-à-dire sa technicité et sa cinématique. L’exposition présente une sélection d’œuvres traitant ou illustrant cette problématique du “Frozen Film”.

Christian Andersson

Né en 1973 (Suède).
Vit et travaille à Malmö.
Représenté par Cristina Guerra et Nordenhake.
Julien Audebert

Né en 1977 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Art Concept.

Philippe Decrauzat

Né en 1974 (Suisse).
Vit et travaille à Lausanne.
Représenté par Mehdi Chouakri.
Amy Granat

Née en 1976 (USA).
Vit et travaille à New York.

Représentée par Nikole Klagsbrun.

Alexander Gutke

Né en 1971 (Suède).
Vit et travaille à Malmö.

Bettina Samson

Née en 1978 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représentée par Galerie Sultana.
Peter Tscherkassky

Né en 1958 (Autriche).
Vit et travaille à Vienne.

Commissariat : Marc Bembekoff

Avec le soutien de Étant donnés : The French-American Fund for Contemporary Art, a program of FACE et du Forum culturel Autrichien.

Leo Fabrizio5

22 sept. — 01 nov. 2008

La ville post-globale se donne pour fonction d’éveiller les désirs, en préférant vendre du rêve plutôt que de résoudre les problèmes. Elle se développe en une série disjointe de prothèses urbaines, d’oasis protégées, d’enclaves, zones et ghettos qualifiés esthétiquement en fonction des classes sociales auxquelles ils sont destinés. Elle se construit en référence à une mosaïque de modèles diffusés par la mythique American Way of Life, dont elle reproduit le modèle-type. Las Vegas pourrait en être le creuset originel. Dubaï en est l’expression ultime : le prototype monstrueux d’un fantasme futuriste, transféré directement dans le réel depuis les écrans d’ordinateur où il est conçu – en camouflant les conséquences humaines parfois désastreuses d’une telle pratique. Bangkok apparaît comme son adaptation bon marché, en banlieue asiatique de l’Empire.

Leo Fabrizio

Né en 1976 (Suisse).
Vit et travaille entre Lausanne et Bangkok.
Représenté par Triple V.

 

Commissariat : Pascal Beausse

Fabio Viscogliosi2

07 juin — 03 août 2008

Les Lits jumeaux (2008), deux lits courbes qui se rejoignent, rappellent la forme des aimants et de ce fait, le mystère des lois de l’attraction. On notera en passant que Newton, qui avait eu l’audace de postuler le premier à son époque l’idée d’une force s’exerçant à distance pour expliquer la gravitation universelle, le fît sur la base d’une conviction un peu étrange à nos oreilles contemporaines, à savoir que les astres étaient sexués.

Les objets conçus par Fabio Viscogliosi relèvent de cette étrangeté, de cette incertitude quant au fait de savoir si l’on a à faire à une chose animée, ou non.

Fabio Viscogliosi

Née en 1965 (France).
Vit et travaille à Lyon.

 

REVISITED8

15 mars — 16 mai 2008

Revisited n’est pas une exposition de Dan Walsh. Ni de Tilman + Amy O’Neil + Matthew McCaslin + Mathilde Alessandra + Lars Wolter + Stephen Felton. Réunissant six de ses amis artistes, Dan Walsh a cherché à produire une véritable exposition collective. Mais quel sens donner à ce terme ?

Le protocole de travail des sept artistes a rejoué celui de l’exposition Seven grays en 2002 chez Paula Cooper, celui d’une semi-improvisation. Pendant la préparation de l’exposition, Dan Walsh a délivré progressivement les informations au groupe, empruntant au monde du théâtre un paysage thématique, En attendant Godot de Beckett qui donne son sous-titre au show. Dans Revisited, les allusions à la pièce sont multiples, des simili-potences, des images et tous les signes déceptifs d’un échec certain. Mais si dans cette pièce, il n’y a qu’une unique didascalie qui concerne le décor (“route de campagne avec un arbre”), l’idée n’est évidemment pas de donner une traduction plastique du texte.

Dan Walsh a surtout emprunté au théâtre une méthode, celle de la direction d’acteurs : proposant un contexte, et incitant les artistes à la “projection”, l’artiste new-yorkais a mis en place les conditions matérielles d’un travail de groupe. Les sept artistes ont alors opéré collectivement, en une semaine et avec les matériaux à disposition, une dialectique active de propositions/réinterprétations qui a presque duré jusqu’au moment de l’ouverture.

Stephen Felton

Né en 1975 (USA).
Vit et travaille à Brooklyn.

Alessandra Matilde

Née en Italie.
Vit et travaille à New York.
Matthew McCaslin

Né en 1957 (USA).
Vit et travaille à Brooklyn.

Amy O’Neill

Née en 1971 (USA).
Vit et travaille à New York.

Tilman

Né en 1959 (Allemagne).
Vit et travaille à Bruxelles et New York.

Dan Walsh

Né en 1960 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Paula Cooper.

Lars Wolter

Né en 1969 (Allemagne).
Vit et travaille à Mönchengladbach.

Commissariat : Dan Walsh

OLAF NICOLAI6

18 sept. — 01 déc. 2007

Pour cette exposition de l’artiste allemand Olaf Nicolai à la Salle de bains, les visiteurs sont conviés à prendre des nouvelles des étoiles. Des étoiles, il en est question de différentes façons ; une première fois dans l’extrait du Canto d’Ezra Pound reproduit dans l’entrée : matérialisée dans une forme éphémère, une phrase (“Nor with stars stretctched, nor looking back from Heaven”) est écrite en cierges magiques, susceptible de disparaître en un instant en se consumant dans une pluie d’étincelles. Une pluie comparable à l’effet optique des traînes des étoiles filantes qu’observent les astronomes, professionnels ou amateurs, comme ceux dont les rapports météorologiques en fac-similés posés au sol dans la deuxième salle, devant l’image d’un amas d’étoiles.

Olaf Nicolai

Né en 1962 (Allemagne).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par Eigen+Art.

 

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06 juin — 05 août 2007
Hors les murs → Mac Lyon

L’exposition au musée d’Art contemporain de Lyon s’inspirant des Freak Shows dont le plus célèbre fut celui du cirque ambulant Barnum and Bailey aux USA, qui présentait d’étonnants phénomènes ou monstres de foire. Près de 50 œuvres interprètent et explorent les différents types de monstruosité ou d’anormalité avec des œuvres contorsionnistes, géantes, poilues, siamoises… en se préservant de tout anthropomorphisme.

Lilian Bourgeat

Né en 1970 (France).
Vit et travaille à Dijon.
Représenté par Lange + Pult et Galerie Une.
Delphine Coindet

Née en 1969 (France).
Vit et travaille à Lausanne.
Représentée par Laurent Godin.
Philippe Decrauzat

Né en 1974 (Suisse).
Vit et travaille à Lausanne.
Représenté par Mehdi Chouakri.
Jeppe Hein

Né en 1974 (Danemark).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par Johann Koenig303 Gallery, Nicolai Wallner et Scai the Bathhouse.
Claude Lévêque

Né en 1953 (France).
Vit et travaille à Montreuil.
Représenté par Kamel Mennour.
Didier Marcel

Né en 1961 (France).
Vit et travaille à Dijon.
Représenté par Michel Rein.

Petra Mrzyk & Jean-François Moriceau

Petra Mrzyk est née en 1973 (Allemagne).
Jean-François Moriceau est né en 1974 (France).
Vivent et travaillent à Chatillon/Indre.
Représentés par Air de Paris.

Olaf Nicolai

Né en 1962 (Allemagne).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par Eigen+Art.

Mick Peter

Né en 1974 (Allemagne).
Vit et travaille à Glasgow.
Représenté par Crèvecœur.

Delphine Reist

Née en 1970 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représentée par Triple V.

Fabio Viscogliosi

Née en 1965 (France).
Vit et travaille à Lyon.

Exposition organisée par La Salle de bains au Musée d’art contemporain de Lyon.

 

GERALD PETIT2

02 juin — 29 juill. 2007

Des sérigraphies évoquant des pochettes, un dance floor redressé à la verticale : les éléments rassemblés dans l’exposition évoquent l’environnement visuel de la musique. Traditionnellement, l’art moderne s’est servi de l’analogie entre art et musique comme un moyen de légitimer l’abstraction – de la sauver de l’arbitraire. (Les pionniers de l’abstraction réalisaient des “compositions” picturales au même titre que les musiciens composaient avec des sons des pièces non-figuratives.) La musique pop est plus proche de l’opéra, de l’œuvre d’art totale, avec ses shows sons et lumières. Ici, ce principe est tordu et entraîné vers ce qui est un équivalent aujourd’hui du livret d’opéra, la pochette de disque, marquant la transformation de la musique en un produit industriel. Comme tous les produits industriels, les disques ont le don d’ubiquité, étant simultanément disponibles à des millions d’exemplaires, démultipliant en autant d’exemplaires l’image de leurs auteurs réels ou supposés, et les transformant de ce fait en icônes plus ou moins mythiques.

Gerald Petit

Né en 1973 (France).
Vit et travaille à Dijon.

 

DELPHINE REIST2

24 mars — 20 mai 2007

Exposés sur leurs étagères, les outils deviennent des objets d’art – des objets censément “autonomes”. La vitre en plexiglas sert ici à sécuriser l’installation. La vitrine protège autant les regardeurs des objets que l’inverse. Les plaques de plexiglas modifient la nature de l’étagère qui, de meuble de rangement, devient une vitrine de présentation, faisant passer au premier plan la valeur d’exposition, et reléguant au second leur valeur d’usage.
Les outils exposés se mettent en route tout seuls, par intermittence. Ils semblent donc avoir conquis leur autonomie en un deuxième sens. Comme si l’autonomie de l’art s’appliquait soudainement à une autre classe d’objets, à l’environnement technique quotidien.

Delphine Reist

Née en 1970 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représentée par Triple V.

 

Gianni Motti4

13 janv. — 11 mars 2007

L’œuvre de Gianni Motti présentée à la Salle de bains consiste en une série de plaques commémoratives dédiées aux 759 prisonniers du camp de Guantanamo, à Cuba. Sa forme est empruntée à celle des monuments aux victimes américaines du 11 septembre ; mais la liste de noms qui sont gravés dans l’acier, par ordre alphabétique, est celle des 759 personnes qui ont été ou sont encore actuellement détenues sur la base américaine de Guantanamo.
Le Département de la Défense américain a dû publier la liste complète des prisonniers, grâce à un recours de l’agence Associated Press au nom du Freedom of Information Act (loi constitutionnelle sur la liberté de l’information).

Gianni Motti

Né en 1958 (Italie).
Vit et travaille à Genève.
Représenté par Bugada & Gargnel.

Exposition présentée dans le cadre de La création contemporaine Suisse à Lyon et en Rhône-Alpes, avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

heger-thinktank

11 nov. — 23 déc. 2006

La toute nouvelle série de photographies montrées à la Salle de bains par Swetlana Heger, Knights and Knaves (“Chevaliers et serviteurs”, ou “Maîtres et vilains”) prend pour point de départ quelques-unes des rumeurs circulant sur des artistes célèbres d’aujourd’hui. Du fait de son importance croissante dans les mécanismes de l’industrie culturelle, l’art est de plus en plus médiatisé. Et pour quelques artistes du moins, il est devenu une source de profits considérables.

Cette médiatisation, alliée à la prospérité actuelle du marché, a généré toutes sortes de légendes, de gossips, sur le mode de vie des uns et des autres, leur fortune supposée, leurs possessions somptueuses, le nombre extraordinaire d’assistants les secondant dans la réalisation de leurs projets, les coûts de production faramineux de ces derniers, etc… “More is more” semble être devenu l’adage de l’époque, et la célébrité le but ultime de l’entreprise artistique.

Swetlana Heger

Née en 1968 (République Tchèque).
Vit et travaille à Berlin.

 

 

 

Bruno Serralongue1

19 sept. — 29 oct. 2006

La série de photographies présentée par Bruno Serralongue à la Salle de bains a été réalisée à Bilbao en Espagne en 2004 à l’invitation de Lisette Smits et Alexis Vaillant.

Le projet des commissaires, intitulé Luna Park, s’inscrit dans un lieu étonnant, sur les montagnes d’Artxanda au-dessus de Bilbao : un parc de loisirs, construit dans les années 80 et très vite abandonné. L’histoire de ce parc, son architecture, sa situation géographique particulière avec une large vue sur le paysage, étaient le point de départ d’un projet artistique expérimental.

Pendant plusieurs mois, dix-neuf artistes issus de différents champs ont été invités à proposer et réaliser de nouvelles œuvres. Leur travail n’était pas destiné à être présenté sur place, mais plutôt dans d’autres lieux pour le futur, comme c’est le cas aujourd’hui à la Salle de bains avec le projet de Bruno Serralongue.

Bruno Serralongue

Né en 1968 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Air de Paris.

 

 

Olivier Mosset1

17 juin — 30 juill. 2006

On a souvent parlé à l’endroit des premières peintures d’Olivier Mosset de ce qui serait un “degré zéro” de la peinture au moins comme horizon. Leur motif se prête, à vrai dire, très bien à cet emprunt aux théories littéraires de Barthes : en 1966-67, Mosset peint une série de toiles blanches où figure, en rouge, la seule lettre A en majuscule.

Il faut bien commencer quelque part, et le début de l’alphabet semble tout indiqué. Faux départ, toutefois, puisque presque simultanément, il fait une autre peinture avec les mots “RIP” et une autre avec les mots “THE END”, comme pour boucler le parcours au moment-même où il l’entamait. La suite de son travail sera empreinte de cette circularité : Mosset revient souvent sur des chantiers laissés un moment à l’abandon, recommençant par exemple aujourdhui la peinture monochrome, qu’il avait délaissée pendant un temps.

Olivier Mosset

Né en 1944 (Allemagne).
Vit et travaille à Tucson.
Représenté par Les Filles du Calvaire.

 

WADE GUYTON6

01 avr. — 28 mai 2006

W. Guyton est né en 1972. Ses expositions personnelles les plus récentes ont eu lieu à la galerie Friedrich Peltzer (hiver 2006) et au Kunstverein de Hambourg (automne 2005). Il a réalisé différentes expositions en collaboration avec Kelley Walker, la plus récente se tenant en ce moment au centre culturel de l’université d’Harvard. Il participera également en avril à une exposition de groupe à la Kunsthalle de Zürich.
L’exposition de la Salle de bains est la première exposition monographique consacrée à l’artiste en France. Un catalogue édité par l’association devrait (information encore sous réserve) prolonger l’exposition à l’automne.

Pour la Salle de bains, W. Guyton a réalisé une nouvelle série de “dessins” (précisément, des “Printer Drawings“) répartis dans trois ensembles de cadres transparents. L’artiste appelle ainsi ses impressions numériques de motifs abstraits, de flammes ou de lettres sur des pages de livres. Une sculpture, elle-même tirée de l’une de ses peintures imprimées, complète l’exposition.

L’univers agencé par W. Guyton peut évoquer celui du LA County Museum en flammes peint par Ruscha. Imaginez simplement que vous êtes à l’intérieur du tableau, et que les flammes viennent lécher les précieuses compositions abstraites ou les photographies de la collection du-dit musée… Mais le musée de W. Guyton est à vrai dire un peu différent : c’est le musée sans murs, imaginaire, de Malraux. Le musée réunissant l’ensemble des images reproduites ou reproductibles.
Un monde d’images imprimées sur lesquelles Guyton superpose ses propres compositions numériques. Les “printer drawings” sont en fait des images réalisées à partir d’illustrations de livres d’art ou d’architecture. Les pages illustrées sont arrachées pour être présentées isolément. Par la suite, W. Guyton rehausse les planches de reproductions de motifs géométriques à l’aide d’une imprimante de bureau standard. Le procédé utilisé est délibérément “low-fi”, à une époque de surenchère dans la superproduction artistique, qui accentue chaque jour un peu plus la convergence de l’art et des moyens de l’industrie de l’entertainment. Les aplats noirs ou rouges sous forme de points, de barres, de quadrilatères recouvrent parfois presque totalement l’image, formant plusieurs « couches » abstraites. Ce goût pour les palimpsestes pourrait apparaître comme une concession au anything goes ambiant — à cette idée d’une équivalence généralisée des formes historiques. Il n’en est rien ; il s’agit bien plutôt, pour W. Guyton d’une manière personnelle, de se confronter à cette situation culturelle commune qui est celle du basculement de l’abstraction en imagerie — de sa transformation en printed matter, en “matière imprimée”, et d’intégrer dans la conception de son travail ce nouveau statut ou cette nouvelle condition de l’œuvre d’art à l’ère de sa reproduction numérique.

Wade Guyton

Né en 1972 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Friedrich Petzel.

 

kitoparts-b

25 févr. — 23 avr. 2006

Hors les murs → Can, Neuchâtel

La Salle de bains a été invitée par le CAN à présenter ses activités passées, présentes et à venir au centre d’art de Neuchâtel. Mais plutôt qu’un simple exercice rétrospectif, rendu de toute manière impossible du fait de la dimension éphémère de certaines installations, le parti pris adopté consiste à solliciter certains des artistes qui ont exposé à la Salle de bains pour réaliser de nouvelles pièces qui peuvent être comprises comme des variations ou des prolongements de leurs expositions à Lyon (Lilian Bourgeat, Claude Lévêque, Loïc Raguénès…), ou bien encore à annoncer celles qui viendront (Swetlana Heger, Tony Regazzoni, Bruno Serralongue).

Kit O’ Parts, le titre de l’exposition proposé par Pae White, qui contribue ainsi à l’exposition (de même qu’avec le carton d’invitation), suggère très bien l’ambition toute simple de cette exposition collective, à tous les sens du terme : agencer les œuvres d’une vingtaine d’artistes exceptionnels, par un jeu d’associations libres, sans la contrainte d’un assemblage forcé induit par un thème ou un principe quelconque.

Francis Baudevin

Né en 1964 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représenté par Art Concept.

Lilian Bourgeat

Né en 1970 (France).
Vit et travaille à Dijon.
Représenté par Lange + Pult et Galerie Une.
Claude Closky

Né en 1963 (France).
Vit et travaille à Paris
sittes.net
Delphine Coindet

Née en 1969 (France).
Vit et travaille à Lausanne.
Représentée par Laurent Godin.
Laurent Faulon

Né en 1971 (France).
Vit et travaille à Genève et Grenoble.

Swetlana Heger

Née en 1968 (République Tchèque).
Vit et travaille à Berlin.

Jeppe Hein

Né en 1974 (Danemark).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par Johann Koenig303 Gallery, Nicolai Wallner et Scai the Bathhouse.
Pierre Joseph

Né en 1965 (France).
Vit et travaille à Nice.
Représenté par Air de Paris.

Claude Lévêque

Né en 1953 (France).
Vit et travaille à Montreuil.
Représenté par Kamel Mennour.
Ingrid Luche

Née en 1971 (France).
Vit et travaille à Poitiers.
Représentée par Air de Paris.

Didier Marcel

Né en 1961 (France).
Vit et travaille à Dijon.
Représenté par Michel Rein.

Matthew McCaslin

Né en 1957 (USA).
Vit et travaille à Brooklyn.

Jonathan Monk

Né en 1969 (Angleterre).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par Lisson, Yvon Lambert, Nicolai Wallner.
Petra Mrzyk & Jean-François Moriceau

Petra Mrzyk est née en 1973 (Allemagne).
Jean-François Moriceau est né en 1974 (France).
Vivent et travaillent à Chatillon/Indre.
Représentés par Air de Paris.
Loïc Raguénès

Né en 1968 (France).
Vit et travaille à Dijon.
Représenté par Triple V.

Tony Regazzoni

Né en 1982. Vit et travaille à Paris.
Delphine Reist

Née en 1970 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représentée par Triple V.

Bruno Serralongue

Né en 1968 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Air de Paris.

Pierre Vadi

Né en 1966 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représenté par Triple V.
Xavier Veilhan

Né en 1963 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Andréhn-Schiptjenko, Emmanuel Perrotin et 313 Art Project.
Kelley Walker

Né en 1969 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Paula Cooper.

Pae White

Née en 1963 (USA).
Représentée par Sue Crockford.

Exposition présentée au CAN, Neuchâtel, Suisse.

BON BAISERS DE RUSSIE2

13 janv. — 12 mars 2006

Petra & Jean-François sont nés au milieu du meilleur des années 1970 : troisième génération de super héros, moquettes all-over, hallucinogènes non-identifiés, rock / soul attitude, vie de famille en road-movie, poils à gogo, vampires en tiags… Leur rencontre à la fin des années 1990 sur les bancs d’une école d’art au fin fond du grand ouest breton est le fruit du plus pur hasard. Très vite, les dessins commencent à tourner, chacun complétant ce que l’autre fait moins bien ou a la flemme de faire. La machine s’embrase et leur rapport boulimique au monde des images, ainsi qu’à ses cortèges de stars et d’inconnus, prend forme. Pas étonnant, donc, que dans le cadre d’un enseignement simplement à côté de la plaque, personne n’ait rien vu venir.

En quelques mois, Mrzyk & Moriceau avaient mis sur pieds un certain nombre d’astuces pour mettre en commun leurs mains et commencer à allonger sur le papier ce qu’ils avaient dans la tête : un bestiaire contemporain des plus dévastateur et innovant.

Résultat : des dessins à cent à l’heure – jusqu’à un par minute – réactivant sans le savoir un précepte avisé de l’artiste Robert Filliou qui, au milieu des années 1970 conseillait à tous d’écrire “un poème par jour”, histoire de se ménager une bonne santé mentale.

Avec vingt doigts, des sacs de bonbons et des tonnes de ramettes de papier, Mrzyk & Moriceau est devenue une sorte de machine de guerre avec pour armes deux sourires et des scalpels. Et le pire, c’est que tout vaut le coup. Aucune hiérarchie ne préside à leur trait. On aime un dessin plus qu’un autre pendant un moment. Qu’à cela ne tienne, car sans qu’on sache pourquoi, un autre lui chipe la place. Et le jeu va très vite. Le pire, c’est qu’il peut durer très longtemps, ces deux-là étant toujours plus rapides que nous.

Chaque dessin de Mrzyk & Moriceau nous dépasse. A fortiori lorsqu’il s’agit d’un livre. On a beau tourner les pages dans un sens et dans l’autre, il y a toujours quelque chose que l’on n’a pas vu. Pas étonnant que ce livre – d’abord interdit par Courtney Love cette année lors du festival des dessinateurs en groupe d’Indianapolis pour d’obscures raisons de concurrence avec les pages blanches américaines – soit maintenant entre vos mains. Mieux qu’une drogue et un anti-dépresseur réunis sous les conseils d’un maître Feng Shui zélé, Mrzyk & Moriceau titillent avec Trois fois rien aussi bien qu’ils ont pu le faire avec leurs précédents chef-d’œuvres imprimés (Trois fois plus en 2000, Le Petit huit en 2001, Tout l’univers en 2004).

Leurs dessins suscitent émerveillement et fous rires face à un doigt définitivement vautré dans un nez, à une paire de seins échouée aux pieds de quatre danseuses sur un dance floor, à un masque triste de Scary Movie, à une bite mollusque, à une oreille porte-monnaie, à des exhibitionnistes animaliers, à une œuvre d’art triste réfugiée dans un buisson, à des crayons poursuivis par des gommes, à une empreinte de doigt devenue un corps sur pattes qui pose dans l’embrasure d’une porte, à des couilles tête de poupée, à des œuvres rebelles qui militent dans un musée avec des panneaux no money no show… laissant le tourneur de page béat de satisfaction : “je veux ça”, “alors ça, j’adore”, “oh, le chien !”… sans même imaginer interroger une minute ce que ce “ça” en question peut bien désigner ici.

Thérapeutiques et idiots, enfantins et “pour adultes”, uniques et photocopiables, inappropriables et collectionnables, reproductibles à l’infini et originaux, flambants neuf et archivistes, les dessins de Mrzyk & Moriceau se payent le luxe de brosser le portrait d’une société de l’image nécessairement formidable puisque c’est la nôtre. Et comme vous le savez, à cette société, on en redemande toujours un peu.

Alexis Vaillant

Petra Mrzyk & Jean-François Moriceau

Petra Mrzyk est née en 1973 (Allemagne).
Jean-François Moriceau est né en 1974 (France).
Vivent et travaillent à Chatillon/Indre.
Représentés par Air de Paris.

KELLEY WALKER3

12 sept. — 04 déc. 2005

Black Star Press (rotated 90 degrees) ; Black Star, Star Press, Black Press, 2005 (6 panneaux. Image scannée, et sérigraphie de chocolat blanc, chocolat au lait et chocolat noir sur impression numérique, toile) est le titre de la pièce de Kelley Walker montrée dans les locaux de la Salle de bains. Une autre image imprimée sera également montrée dans la cour — une variation de schema ; Aquafresh plus Crest with whitener, une pièce éditée sous forme de poster, et qui avait été reproduite partiellement sur la couverture du numéro d’Artforum d’Avril 2005.

Les tableaux font partie d’une série —”The Black Star Press Project“— initiée avec les mêmes images et des superpositions de pâte dentifrice numérisée. Les images rappellent les Race Riot de Warhol, en partie du fait que les images sources font partie du même ensemble que celles dont s’était servi Warhol. Les photos ont en fait été prises par Charles Moore pendant les manifestations pour les Civil Rights en Alabama, en 1962. Ces photographies, montrant la répression des manifestations par la police et les pompiers ont été publiées à l’époque dans “Life” et ont eu un retentissement énorme, faisant de ces manifestations un événement décisif dans la prise de conscience générale qui devait mener à la reconnaissance de droits civiques égaux à tous les citoyens des Etats-Unis, sans discrimination.

Le titre de la pièce, à rallonges, est suggestif à plusieurs niveaux : “Black Star Press” désigne l’agence de presse pour laquelle Charles Moore a effectué ce reportage photo ; “Star Press” peut faire allusion à Warhol — à ses “superstars”, et à sa façon de s’approprier la presse et les médias comme format dans son travail ; “Black Press” désigne plus une absence qu’autre chose, ici, puisque la couverture des événements fut le fait de la presse “blanche”. “Black Star”, enfin, peut se comprendre comme une désignation du “héros” du reportage photographique, au même titre que les autres stars anonymes, les lutteurs sans nom ayant contribué à la reconnaissance des droits de la communauté noire-américaine. L’image du carton d’invitation, qui est en fait une véritable pièce en soi, fonctionne comme un commentaire suggestif par rapport aux pièces présentées : Andy Warhol — white star — et Sonny Liston — black star — embarqués dans le même avion ; le Pop Art et une incarnation d’une “intégration” réussie par la lutte (sportive, donc symbolique), le succès et la célébrité. Auxquels se superposent les images (également tirées de publicités) des matériaux bruts qui sont accumulés sur les sérigraphies : drippings de chocolat noir, chocolat blanc, chocolat au lait ; Autant de suggestions d’un “mélange” ou d’une confrontation qui peut s’entendre, bien sûr, à un niveau autre que seulement culinaire… La rencontre du chocolat et du lait comme allégorie publicitaire du conflit racial, au même titre que la rencontre Warhol / Liston (version pacifiée de cette opposition dans le consumérisme de grand standing).

La reconnaissance sociale passe-t-elle par le “blanchiment”? A partir des mêmes photos de presse (du moins de la même série), Kelley Walker a réalisé en 2003-2004 d’autres posters, en surimposant du dentifrice (schema ; Aquafresh plus Crest with Scope ; schema : Tartar Control et Crest with Whitener — un autre agent “blanchissant”). Par ailleurs, explique Kelley Walker, “les pièces sont réflexives vis-à-vis de l’ordinateur et du format imprimé ; elles se transforment en réponse à la médiation via l’ordinateur (la machine qui fait tourner le monde des médias). ” (e-mail du 5 août )

Cette série fonctionne ainsi sur un principe comparable aux pièces pour magazines de Dan Graham (comme pour la série des posters de Walker dont le titre était précédé de la mention “schema” — par exemple schema ; Aquafresh plus Crest with tartar control, (2003)—allusion directe à la pièce auto-réflexive de Graham, poème concret dont le “contenu”consiste en l’auto-description physique de l’information imprimée sur la page), mais en intégrant les reproductions successives de la pièce dans les magazines et les expositions, reprise incessante d’un même matériau initial, gagnant à chaque fois un peu plus d’ampleur.

Kelley Walker

Né en 1969 (USA).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Paula Cooper.

 

PIERRE VADI4

24 juin — 14 août 2005

Sous une voûte étoilée (Your Private Sky) de strass et de zircons tour à tour en diffraction et transparents selon la déambulation du spectateur à qui rien ne permet d’identifier une constellation. C’est dans cette perte de repère qu’est présenté un fouet anthropomorphique, Spectre. Avec cet objet éminemment SM, la première exposition personnelle en France de Pierre Vadi s’annonce sous le sceau de l’accomplissement et de la frustration simultanés. Des animaux allongés d’un repos morbide, ont une matière translucide qui trouble notre appréhension. L’exposition Spectres désoriente le spectateur qui ne parvient pas à relier ces entités pourtant familières. Malgré leurs qualités narratives, ces éléments – une nuit étoilée, un fouet et des animaux – ne se laissent pas rassembler en un récit sinon pluriel et lapidaire.

Your Private Sky comporte pourtant un motif ordonné qui dispose géométriquement les brillants. Proches de la taxidermie ou du moulage, il n’y a paradoxalement aucun indice quant à l’identification de ces animaux (Pedigree) ou de leur état figuré. Dans le fouet glissent les couleurs théoriques et dégradées de l’arc-en-ciel. Elles sont d’ailleurs dégradées à double titre : par principe au nombre de sept, elles semblent s’épuiser progressivement. En faisceau, les liens exsangues laissent alors transparaître la lumière des néons posés au sol. Ainsi l’exposition constituée d’objets plausibles et narratifs est en fait un assemblage de constructions où règne l’artifice. En écho à la voûte céleste, dans le bureau où l’on retrouve les néons normalement au plafond, sont disposés sur la table un échantillon de couleur du plafond peint et un tas de minuscules crânes (Spectres). Proche de la vanité, cette exposition est donc autant hantée que machination artificielle et dispositif construit.

Ce paradoxe trouve des antécédents dans le travail de Pierre Vadi où la carte géographique constitue une série exemplaire. Cette dernière recouverte alors d’un motif (aigle, moirures psychédéliques, planète, King Kong…), ses informations initiales disparaissent et deviennent le moteur ainsi que la surface d’une projection. Il ne reste de lisibles guère que les plis ; c’est dans le titre que l’on peut déceler la relation palimpseste entre l’image première et l’image seconde. Nous nous retrouvons ici dans une logique apparemment bipolaire où s’opposent l’indiciel et le projectif, l’informatif et l’imaginaire.

L’inventaire ou la cartographie étaient privilégiés par certains artistes conceptuels. Ces méthodes d’enregistrements objectifs étaient autant le moyen d’une dématérialisation de l’art que celui d’interroger les conditions élémentaires d’existence de l’œuvre. Au-delà de cette idéologie réductiviste, si certains ont eu l’intuition de la dimension narrative d’une procédure et de son énoncé, la génération suivante a souligné la dimension idéologique des méthodes supposés neutres par l’art conceptuel. Dans ce constat critique, les post-conceptuels ont établi leur appartenance à la culture qu’ils désignaient se débarrassant ainsi du primat de la distanciation exclusive.

Or nous l’avons vu, nombre des œuvres de Pierre Vadi renvoient dos-à-dos la qualité littérale et imaginaire des objets. Certaines sculptures sont des reproductions à échelle 1/1 en résine, quand d’autres consistent en la réalisation d’un labyrinthe dont la qualité des parois rend difficile la lecture du parcours. Dans un cas, la transparence est paradoxalement un obstacle, dans l’autre l’égarement normalement maîtrisé est encore augmenté par sa construction en fausse fourrure étouffant les couloirs étroits.

À l’image de ce labyrinthe, l’ensemble des œuvres de Pierre Vadi mutltiplie les chemins comme autant de récits révélés et troublés simultanément. Ces dernières familières et étranges sont alors le moment d’une expérience captivante dont le spectateur se plaît à être à la fois l’objet et le voyeur.

Julien Fronsacq

Pierre Vadi

Né en 1966 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représenté par Triple V.

jeppe1

23 avr. — 19 juin 2005

Jeppe Hein a habitué ses spectateurs à un certain nombre de ruses avec l’art minimal et ses conventions d’exposition. Un quadrilatère blanc monté sur un fond blanc, qui pourrait rappeler une composition suprématiste, s’avère par exemple être en mouvement à l’intérieur de son cadre, comme s’il s’agissait de pousser, jusqu’à l’absurde, leprincipe d’”autonomie” de l’œuvre d’art. C’est également ce à quoi semblent aspirer ses banquettes ou ses cimaises mobiles, libérées du plan pictural, voire le mur en entier, comme dans Changing Space, où tout le mur d’une salle se déplaçait lui aussi imperceptiblement et perpendiculairement aux deux murs adjacents, rétrécissant et agrandissant l’espace d’exposition par un mouvement de va-et-vient régulier. Dans cette dernière pièce, Hein procédait de cette façon à l’inversion du principe d’implication dynamique du spectateur vis-à-vis de l’œuvre et son espace dans l’art minimal.

Jeppe Hein

Né en 1974 (Danemark).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par Johann Koenig303 Gallery, Nicolai Wallner et Scai the Bathhouse.

FRANCIS BAUDEVIN

21 janv. — 06 mars 2005

Peintures au premier abord totalement abstraites, les muraux réalisés par Francis Baudevin à La Salle de bains sont en fait repris du logo d’une entreprise de BTP (en l’occurrence, celle ayant réalisé récemment la construction du viaduc de Millau). C’est donc en un double sens qu’il faudrait parler ici d’art “construit” ou “concret” (si l’on pense à la traduction anglaise du mot béton). Francis Baudevin a fait de cette duplicité une méthode qu’il suit depuis 1987 ; une méthode consistant à s’approprier des logos d’entreprises ou des motifs d’emballages de produits industriels dont il supprime ensuite l’information textuelle, pour n’en conserver que le design graphique, qu’il transpose ensuite à l’échelle de tableaux ou de peintures murales.

Francis Baudevin

Né en 1964 (Suisse).
Vit et travaille à Genève.
Représenté par Art Concept.

PIERRE JOSEPH4

17 sept. — 28 nov. 2004

Première carte blanche à un commissaire extérieur, l’exposition de Pierre Joseph organisée par Marie de Brugerolle à l’invitation de La Salle de bains donne à voir une nouvelle œuvre de l’artiste produite spécialement. Fruit des réflexions de Pierre Joseph sur l’évolution de l’art et ses résonances, “l’objet philosophique aléatoire” qu’il crée engage un nouveau dialogue à la fois sur la notion de temps et sur les enjeux actuels de la sculpture comme objet en reste. L’environnement ainsi construit trouve son prolongement dans un entretien original entre Pierre Joseph et Claude Wrobel, restaurateur d’art, en un écho infini.

Pierre Joseph

Né en 1965 (France).
Vit et travaille à Nice.
Représenté par Air de Paris.

Commissariat : Marie de Brugerolle

PAE WHITE2

11 juin — 26 juin 2004

Le centre dʼart contemporain la Synagogue de Delme et la salle de bains à Lyon ont le plaisir dʼinviter Pae White pour sa prochaine exposition, qui sʼouvrira les 11 et 12 juin.

Pae White développera pour les deux lieux de nouveaux projets, qui se tiendront non seulement dans les espaces dʼexpositions mais aussi sous formes dʼaffiches et de publications. Cette artiste américaine, qui vit et travaille à Pasadena, Californie, développe une œuvre multiple dans ses dispositifs, qui sʼinscrit à la fois dans le champ des installations, des objets, du graphisme ou du design. Ces œuvres brouillent les définitions de ce qui appartiendrait à lʼart ou aux arts appliqués, de ce qui hériterait de lʼart abstrait ou des arts populaires, de ce qui relèverait du “high”ou du “low”. Lʼensemble des œuvres partagent une même fascination pour les couleurs chatoyantes, les matières sensuelles et les formes aériennes, allant parfois vers lʼimagerie populaire et un univers délibérément onirique.

Pae White

Née en 1963 (USA).
Représentée par Sue Crockford.

L’exposition “Ohms and Amps” a reçu le soutien de de Etant donnés, the french-American Fund for Contemporary Art.

PLAMEN DEJANOFF1

24 avr. 2004 — 29 mai 2004

Collective Wishdream of upper class possibilities est le titre générique des différents projets entrepris par Plamen Dejanoff depuis 2001. Il sert ici à désigner la collection d’objets rassemblés et mis en scène par l’artiste. Le dispositif de monstration choisi par l’artiste évoque le “display” commercial, plus que la présentation muséale conventionnelle des objets d’art. L’adjonction de cartes de visites surdimensionnées et fixées au mur comme des enseignes publicitaires contribue à donner à l’ensemble un aspect “corporate”, à donner l’impression d’un environnement commercial. Les “business cards”, ces cartes de visite géantes, que Dejanoff utilise dans ses expositions comme des logos publicitaires, ont été conçues par l’agence de graphisme M&M (de même que le logo lumineux en forme de petit bonhomme, qui , originellement, servait à signaler un parcours dans une exposition de groupe — Xn, Chalon s/Saône — à laquelle M&M avaient participé). Certains des autres objets (ou tableaux) conçus ou détournés ici par Plamen Dejanoff fonctionnent comme un rappel humoristique de cette collaboration.

Plamen Dejanoff

Né en 1970 (Bulgarie).
Vit et travaille à Berlin.

Loic Raguénès1

13 mars — 18 avr. 2004

L’œuvre de Loïc Raguénès est une expression concrète et singulière de ce que peut être la peinture aujourd’hui. Elle s’inscrit dans le champ artistique plus large du questionnement sur l’image, sa nature, son histoire, sa perception. D’abord assistant de Rémy Zaugg, il réalise depuis 1999 des peintures à partir de phrases ou d’images préexistantes (slogans, citations, banques d’images, catalogues). Les images sont reproduites en sérigraphie monochromatique sur une tôle d’aluminium laquée, selon une technique qui emprunte plus à l’industrie automobile qu’à la tradition picturale. Leur agrandissement dévoile la trame qui les constitue, et donc leur production mécanique. Une manière de souligner la reproductibilité d’une image aux dépens de son unicité.

Loïc Raguénès

Né en 1968 (France).
Vit et travaille à Dijon.
Représenté par Triple V.

JONATHAN MONK4

06 déc. 2003 — 22 févr. 2004

L’artiste britannique Jonathan Monk utilise ce qui est déjà disponible, des photographies de ses archives familiales au legs de l’art conceptuel, combinant l’hommage avec l’humeur et le contexte personnel avec l’histoire d’art. Chacune de ses oeuvres est un nouveau point de rencontre entre le monde de l’art, ses modèles historiques, ses mythes, ses anecdotes ou ses petites histoires, et celui de la vie quotidienne.

“Amener l’art à la vie”, voici son programme, et par là même démystifier le processus créateur. “Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de créer une confusion, de voir comment des gestes anodins peuvent revêtir une valeur artistique”. On l’a vu par exemple attendre dans les halls d’aéroports des célébrités disparues ou des héros de cinéma (Waiting for famous people, 1995-1997), ou parodier des artistes célèbres, lorsqu’il peint à la manière de Jackson Pollock sur fond de musique hard-rock (A brush with death, 1995). Une de ses habitudes consiste aussi à se comporter comme un touriste face aux oeuvres des autres artistes ou face aux artistes eux- mêmes : il grimpe dans un arbre similaire à celui peint par Mondrian (Up a tree similar to one painted by Mondrian in 1914-15, 1997), il photographie le ciel au dessus du chapeau de Bruce Nauman (The space above Bruce Nauman head, 1997), il pisse sur une sculpture de Richard Serra (In war time this would be a tank – pissing on a Serra, 1995), il envoie des cartes postales reproduisant des oeuvres d’art à sa galerie (Mantel piece piece, 1997).

Jonathan Monk

Né en 1969 (Angleterre).
Vit et travaille à Berlin.
Représenté par Lisson, Yvon Lambert, Nicolai Wallner.

SUPERNATUREL1

16 sept. — 15 nov. 2003

Chassez le supernaturel, il superrevient au pas (nature d’agrément, apocryphe jardinet, courette des miracles et divers correctifs). Le jardin pointe l’arrogance de toute une espèce. On a gagné. Le gazon prouve cette victoire. La tondeuse la mitige. Le désherbant l’édulcore. Mais on a gagné, nom de dieu !

Côté jardin. Météore accoutré comme un monolithe, forteresse sans sas, tension minérale de jardin zen, volumétrie palpable. Discerner le tempo précis du roc, aller à sa rencontre, éprouver le revêtement et la souplesse du machin. S’asseoir, s’accouder, s’adosser, s’accoter, glisser le doigt, le tact, toucher pannacotta, pas n’importe où…

Côté cour. Salade d’anguilles creuses, élastomère ! comme aurait dit Albert Camus, dentelles décalées, listes de lianes, fi let de bave et d’éternité (non-traité), treille élastiquée, hamac à la verticale, toile des araignées qui marchent debout pour les mouches du cardinal. Entre ici, entrelacs, avec ton terrible cortège… Nous, on noue.

Les cailloux sont à l’aise un peu partout. Vrai. De très grands cailloux, par exemple, sont à l’aise très facilement dans des lieux très petits ou pas conçus pour eux, malcommodes, ou même sous un éclairage peu fl atteur pour leur minéralité ou seuls au milieu de gens d’autres conditions (végétaux, ou animaux).

L’iceberg est une question de foi. Vrai. Vous déclarez « mes neuf dixièmes sont immergés » ? Dois-je vous croire sur parole ? Ne dites-vous pas cela carrément pour me séduire ou m’estourbir ? Il existait bel et bien, autrefois, des preuves irréfutables de vos neuf dixièmes sous la ligne de fl ottaison, mais elles ont toutes fondu. On s’en remettra donc, aujourd’hui, aux dits des excursionnistes sur les légendes de la banquise.

Le rocher ramène toujours son propre socle. Vrai. Question d’harmonie de l’ensemble. Au besoin, vous choisirez les rideaux, la tapisserie, le parquet. Mais l’on n’impose pas au sage la couleur de ses émotions ni la position de ses fesses. Le roc est complet.

Personne n’est invincible, prétend la montagne. Faux. Sauf lorsque c’est la falaise qui le dit.

Nos cordes ne s’emmêlent jamais, elles se connaissent trop. Vrai et faux à la fois. Soit elles se connaissent trop, au point de ne plus se sentir et elles s’évitent, dans le désordre. Soit elles n’avouent qu’un quart du désir qui les ligote. Dans les deux cas, le jeu du nœud favorisera les liaisons platoniques. C’est le nœud qui sait tout. Faux. Bien faits, mal faits ou pas faits, les nœuds sont des conventions, ils n’ont pas d’autonomie. Aucun nœud n’est indispensable. Il aurait pu, tout aussi bien, être noué quelques centimètres à côté par un autre scout ou n’importe quel animal un peu digité. « Le fondement du Diable n’est pas tressé que de paille », savent les Incas.

Les bretelles constituent de nos jours un bien mince rempart contre le triomphe de l’individualisme. Vrai. Boostée par les bons résultats de la singularité-marchandise, la séparation a partout vaincu et les bretelles n’y peuvent plus rien, désormais. Les modèles comportementaux qu’elles présentent à nos compréhensions sont gentils, souples, mais guère effi caces, guère profitables, trop coopératifs. La ceinture, toute seule, arrive mieux à faire le tour des besoins d’une époque qui a forci dans son falzar.
Le hamac en réunion dissipe les tensions. Vrai. Comme tout macro-filet, le hamac concentre sur son nom tout un tas de dévers sans nom aux intersections de quoi percole un peu de poésie sans intention, des songeries de farniente et le désir de se balancer désordonnément dans le roulis ou le tangage en rêvassant. Contre le sens commun du maître.

Et toujours, ailleurs, le sable… Vrai.

Maxime Matray. Septembre 2003

Ingrid Luche
Née en 1971 (France).
Vit et travaille à Poitiers.
Représentée par Air de Paris.

Agnès Martel
Vit et travaille à Paris.

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28 juin — 06 sept. 2003

Au centre de l’espace d’exposition de La Salle de Bains, Claude Closky présente sa dernière réalisation intitulée Arcade. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un dispositif de jeux tels qu’on le trouve dans n’importe quel café. L’artiste propose plusieurs dizaines de jeux qui fonctionnent à partir d’un principe identique : il faut cliquer sur les couleurs qui rapportent le plus de points. Les vert, jaune, violet, rouge, et bleu(s) recouvrent des objets en totalité ou en partie.

On trouve aussi bien des téléphones portables que des poubelles, ou des systèmes de représentation, comme la planisphère, la mire ou encore le réseau des lignes du RER d’Ile–de-France. Evidemment tous les jeux arborent un titre. Ces derniers reprennent parfois des termes publicitaires comme pour Douceur des Mains qui rassemble des flacons de liquide vaisselle. Parfois, ils sont plus simples, comme avec Pierres précieuses, appellation qui définit l’objet représenté et le jeu éponyme. Mais les titres se réfèrent également à des marques pour lesquelles l’association avec le produit est instantanée. C’est par exemple le cas du jeu Exacompta qui se réfère directement à la papeterie et pour lequel Closky a dessiné un classeur générique.

Tous ses “objets”sont reconnaissables au premier coup d’œil. Six couleurs sont configurées de façon à symboliser des valeurs, mais, ce rapport est aléatoire car il est modifié à chaque nouvelle partie, qu’il s’agisse du même jeu ou d’un autre. Le joueur mémorise la couleur qui rapporte le plus de points et clique dessus avant qu’elle ne se déplace sur un autre objet ou sur une autre partie de l’image.

L’objectif est d’accumuler le plus grand nombre de points et de voir figurer son nom au sommet de la liste des scores. Cependant, Arcade ne se limite pas à des jeux. En effet, après seulement 20 secondes d’inactivité, des “démos” prennent le relais. Ce laps de temps extrêmement court oblige le joueur à en prendre conscience et l’invite à les regarder.
Alors que les démonstrations sont en général des incitations à glisser une pièce dans la fente et qu’elles sont bien moins exaltantes que le jeu, au contraire ici, elles constituent une véritable fin en soi. Afin d’en mesurer l’importance, écoutons la parole de Claude Closky : “Une partie de mon travail consiste à examiner des archétypes de formes et à les vider du sens qui leur est habituellement accolé. Plus les objets sont décoratifs, plus ce travail est aisé. Avec Arcade je mets ce procédé à l’épreuve. J’utilise des éléments inscrits dans notre quotidien, peu abstrait donc moins décoratifs, qui ne semblent pas interchangeables. Cependant, au final, c’est toujours et encore la notion d’équivalence entre la forme et la valeur qui est démantelée.”

Closky nous livre ici la clef de voûte de son travail. Il déhiérarchise volontairement tous les principes d’équivalence qui nous sont imposés continuellement. Pour ce faire, il opère à trois niveaux. En premier, il met en parallèle les jeux avec les démonstrations, comme si l’action du jeu était égale à l’aspect passif de la “démo” et que leur fonctionnement similaire leur octroyait de facto un statut identique. C’est exactement le même procédé qui régit les motifs variés des jeux et la profusion de ces derniers. Closky prend plaisir à perturber cette soi-disant liberté de choix. Il souligne la qualité aléatoire de Arcade. Ainsi, le joueur ne sait pas que sur les dizaines de jeux mis à sa disposition, seule une suite différente de quatorze est proposée sur l’écran à chaque nouvelle partie. S’il souhaite recommencer immédiatement le même jeu, ce dernier ne figure pas obligatoirement dans le nouveau menu. On pourrait presque croire que Arcade génère son propre système de gestion des jeux. Closky s’oppose au pseudo-choix prôné par les jeux d’arcade. Enfin, l’alternance constante entre des points, une teinte et un motif fait basculer la validité de tout système de correspondance. Dès lors, ce dernier devient grotesque. C’est ainsi que comme l’illustre le jeu Pierres précieuses, il vous faut cliquer sur une couleur-valeur toujours différente. En choisissant une pierre après l’autre, on ne peut que s’interroger sur la façon dont un signe se décode, puisque selon le contexte, la valeur oscille.

La relation entre la couleur de la pierre et sa valeur finissent par disparaître complètement pour se transformer en motif décoratif. Arcade montre l’impossibilité du rapport d’une valeur avec une couleur. Cette question est fondamentale pour comprendre l’œuvre de Closky. Elle problématise quantité de ses travaux, et pour n’en citer qu’un récent, arrêtons-nous sur Les Euros ; une série de photographies de billets qui se chevauchent et dont les montants de chaque coupure sont additionnés pour former un total différent écrit à la main directement sur l’image. À l’identique avec Arcade, un tel décalage entre la valeur et sa représentation est défi nitoire. Ce principe dépasse le cadre de l’oeuvre et s’applique à notre façon de penser et d’appréhender le monde. Il a pour effet d’éradiquer ou, tout du moins, d’ébranler des systèmes de correspondance qui nourrissent l’idée toute faite comme quoi la forme est irréductiblement liée à une signifi cation. Une telle récurrence cisèle une composition quasiment picturale.

Alexandra Midal

Claude Closky

Né en 1963 (France).
Vit et travaille à Paris
sittes.net

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29 mars — 17 mai 2003

Laurent Faulon est un artiste qui expose depuis bientôt quinze ans en France et en Europe dans la relative indifférence des circuits institutionnels et marchands. Son travail, d’abord directement adapté de l’art corporel des années 1970, s’est progressivement débarrassé de toute forme spectaculaire – le performer n’étant perçu par le spectateur que comme un “héros” de plus.

Les environnements qu’il conçoit aujourd’hui sont construits à partir de matériels ménagers étalés, dispersés ou amassés, et s’adressent aux sens du visiteur, le forçant à une expérience intime avec l’oeuvre. Provoquant des réactions instinctives, allant du dégoût ou malaise jusqu’au refus de s’engager, ce travail cherche en fait à révéler les mécanismes socio-culturels qui gouvernent l’individu.

O poço da Morte [le puit de la mort] est le titre d’une attraction de fête foraine à laquelle l’artiste a assisté lors d’une résidence au Portugal. L’attraction consistait en une cage d’acier cylindrique à l’intérieure de laquelle des motards tournaient sans relâche.

Pour son exposition à la Salle de bains, Laurent Faulon a conçu un nouvel environnement dont l’élément principal est un moteur de voiture (une Renault 11) acheté dans une casse automobile et remis en état dans un garage de Grenoble. Le moteur est posé au sol, les éléments mécaniques associés sont distribués dans l’espace autour de lui : vase d’expansion, radiateur, contacteur, batterie, réservoir, pédale de batterie utilisée comme accélérateur. Le moteur est présenté en marche, laissant la liberté aux visiteurs de mettre les pleins gazs. Une fumée blanche envahit alors la pièce et l’échappement rallongé vibre sous l’effet des gazs expulsés dans la cour. Le bruit du moteur est étouffé par la moquette brun-rose qui recouvre intégralement le sol et les murs. La sensation de confinement est augmentée par les odeurs fortes d’essence et d’huile moteur, elle pousse rapidement le visiteur à quitter l’espace d’exposition.

Laurent Faulon

Né en 1971 (France).
Vit et travaille à Genève et Grenoble.

DIDIER MARCEL3

18 janv. — 08 mars 2003

Suivant Liebig, le corps de l’homme est un fourneau, et les vivres l’aliment qui entretient la combustion dans les poumons. En temps froid nous mangeons davantage, et moins en temps chaud. La chaleur animale est le résultat d’une combustion lente ; est-elle trop rapide, que se produisent la maladie et la mort ; soit par défaut d’aliment, soit par vice de tirage, le feu s’éteint. Il va sans dire que la chaleur vitale n’a pas à se voir confondue avec le feu ; mais trêve d’analogie. Il apparaît donc d’après le tableau qui précède, que l’expression vie animale est presque synonyme de l’expression chaleur animale ; car tandis que le Vivre peut être considéré comme le Combustible qui entretient le feu en nous — et le Combustible ne sert qu’à préparer ce Vivre ou à accroître la chaleur de nos corps par addition venue du dehors — le Couvert et aussi le Vêtement ne servent qu’à retenir la chaleur ainsi engendrée et absorbée. (…)

Didier Marcel

Né en 1961 (France).
Vit et travaille à Dijon.
Représenté par Michel Rein.

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09 nov. — 21 déc. 2002
Adrian Schiess est connu pour ses plaques de couleur monochromes qu’il dispose à même le sol et qu’il confronte occasionnellement à des images vidéos abstraites. Ces oeuvres ont été fréquemment montrées, à l’occasion d’expositions personnelles dans des galeries privées ou lors de manifestations prestigieuses comme la Biennale de Venise en 1990 ou la Documenta IX à Cassel en 1992. Depuis 1997, Adrian Schiess travaille en parallèle à un nouvel ensemble de petites et pâteuses peintures, dont celles montrées aujourd’hui à La Salle de bains représentent la dernière évolution. Moins réputées, ces peintures font resurgir le souvenir de ses premiers travaux (“Bois” 1982, “Lambeaux”1984, éparpillements de débris badigeonnés de peinture) et permettent de reconsidérer ses “travaux à plats”. Car si le monochrome et la planéité s’entendent habituellement comme les moyens d’une rationalisation, d’une réduction de la peinture, pour l’amener à sa plus simple et ultime expression, Adrian Schiess y voit plutôt une forme de chaos.

Adrian Schiess

Né en 1959 (Suisse).
Vit et travaille à Mouans-Sartoux.
Représenté par Les Filles du Calvaire.

DISPLAY PARTY1

27 oct. 2002

Une sélection de vidéoclips de musique électronique par Optical Sound & Aspic Records. Un concert d’artistes du label (Blue Baboon, frz, Sébastien Roux) a eu lieu le premier soir. “Au lieu de l’habituelle compilation audio nous avons eu envie de réaliser une compilation vidéo. Nous savions déjà que certains de nos artistes préférés avaient déjà fait des vidéos seulement montrées sur le web et à la taille d’une vignette, nous avons donc cherché d’autres artistes pour compléter la liste. Les images qu’ils ont dans la tête sont aussi belles que leur musique ! Nous sommes heureux de présenter ce que vous ne verrez jamais sur MTV!”

Avec : Bidibop, Carpet Musics, E*Rock, Figurine, Fingernail, Palm, Kurt Ralske, Frz & Blue Baboon & Etereo Expandeum Club, Lucasz Kamil Lysakowsky, Phlegm, Schneider TM et Kpt Michigan, Ultra Milkmaids, Vance Orchestra, Darky.

Aspic Records

Label de musique électronique fondé à Lyon en 1997 par Frz et Blue Baboon.
aspicrecords.com

 

Optical Sound

Label de musique fondé en 1997 par Pierre Beloüin.
optical-sound.com

 

Trois soirées vidéo, les 27, 28 et 29 octobre 2002

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01 juin — 27 juill. 2002

C’est en 1987 à P.S.1 à New-York, pour une installation intitulée Sixteen on center, que Matthew Mc Caslin utilise pour la première fois les structures en aluminium qui servent à la construction des cloisons en plaques de plâtre. Comme ses précédents travaux l’œuvre jouait sur le sentiment de l’inachèvement. On ne savait pas si le travail était fait, s’il était à moitié fait, s’il était en chantier ou à l’abandon. L’ effet de “pause” était renforcé par la proximité d’un empilement soigné de couvertures dont la présence invitait peut-être au sommeil, en tout cas à la rêverie.

C’est à cette époque que les travaux de construction en bâtiment que Matthew McCaslin réalisait pour gagner sa vie commençèrent à s’intégrer à son travail artistique. On se souvient que de la même manière, au début des années 1970, Gordon Matta-Clark rénovait des lofts à New-York alors même que son oeuvre se présentait comme une déconstruction de l’architecture. La référence aux travaux des artistes américains des années 1960-1970 chez Matthew McCaslin, au Process Art ou au Minimal Art, sera plus explicite quelques années plus tard dans ses dispositifs muraux. Dans “American Beauty”, 1989, un ventilateur est simplement juxtaposé à un drapeau américain qui flotte légèrement au souffle de l’appareil voisin. Les installations électriques qu’il réalise ensuite au début des années 90 donnent à voir des agglomérats de câbles et d’appareillages habituellement cachés dans les vides techniques.
Il opère un retournement des murs et du sol, montre les systèmes invisibles qui régissent l’espace domestique moderne: une forme de dissection de l’architecture qui s’inscrit dans le prolongement des anarchitectures de Matta Clark. Ces assemblages sont très souvent accompagnés de bande audio (les battements d’un coeur, le son des vagues, des applaudissements,…) ou vidéo (un feu de forêt, des fleurs, une voiture qui roule, une vache qui broute,…) et jouent un équilibre difficile entre technologie et poésie, présence et mouvement.

Pour son exposition à la Salle de bains, Matthew McCaslin réalise un environnement à partir des mêmes rails en aluminium utilisés pour “Sixteen on center”. De la même manière qu’il révèle la présence des flux et câbles derrière les équipements électriques, c’est ici la structure des murs, leur ossature, qui est découverte. Les murs sont invisibles et il devient possible de les traverser du regard et du pied, et même de les habiter. Ils se succèdent parallèlement, les uns derrière les autres, selon un plan absurde. Laissés déconstruits, ils suggèrent un espace dense mais ouvert, celui d’un sous-bois. Une projection vidéo accompagne le dispositif.

Valérie Parenson

Matthew McCaslin

Né en 1957 (USA).
Vit et travaille à Brooklyn.

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23 mars 2002 — 18 mai 2005

Ce titre volontairement ronflant introduit l’exposition de Delphine Coindet en suggérant non sans dérision, une drôle de rencontre entre le discours artistique et scientifique. Car ce n’est pas la première fois que Delphine Coindet se réfère à l’univers scientifique, ou plus précisément à ses méthodes de recherche comme modèles pour aborder le language des arts plastiques.

En effet, concevant ses pièces à l’aide de logiciels de dessin 2D et 3D, Delphine Coindet aborde l’objet sculptural et l’exposition par le biais de leur modélisation préalable : devenus objets d’étude, mathématiques et abstraits, ils sont visualisés et examinés sous tous les angles avant d’être vraiment réalisés (en général par des artisans utilisant divers type de techniques et de matériaux).

La plupart du temps, comme ici à la Salle de bain, le travail de Delphine Coindet se concrétise en relation avec un lieu donné, en l’occurrence un petit studio d’habitation reconverti en salle d’exposition au rez-de- chaussée d’un immeuble. Dans ce contexte, le principal ressort de l’intervention de Delphine Coindet est de faire se confondre étroitement les notions d’espace d’habitation et d’exposition, en proposant un ensemble de pièces qui oscille entre l’intervention In-Situ et le mobilier, l’évocation poétique et la représentation figurative, extériorité et introspection.

Par analogie, c’est l’idée de la singularité du geste de l’artiste s’inscrivant dans un site, qui coïncide soudain de façon assez grinçante avec l’idée commune que l’on peut se faire de l’occupation par n’importe quel individu, d’un petit logement quelconque. Ainsi la question de la place du spectateur dans l’exposition, est soulevée par la possibilité implicitement suggérée, que celui-ci puisse confondre, le temps d’un instant, son rôle de visiteur, amateur d’art contemporain, avec celui d’habitant du studio. Invité à marcher sur, et autour d’un mobilier devenu sculpture, à imaginer un paysage d’un autre monde à travers la fenêtre de l’appartement, ce spectateur, devrait se rappeler qu’il passe par ici le coeur plein du sentiment d’être vivant et unique au monde, et que c’est bien lui et lui seul, qui peut actionner cette petite machine à fabriquer des images qu’est l’exposition.

Valérie Parenson

Delphine Coindet

Née en 1969 (France).
Vit et travaille à Lausanne.
Représentée par Laurent Godin.

CLAUDE LEVEQUE3

12 janv. — 09 mars 2002

Mon combat est une installation de Claude Lévêque présentée à la Salle de bains du 12 janvier au 9 mars 2002. C’est la première exposition de l’artiste à Lyon. Claude Lévêque est né en 1953 à Nevers, il vit à Montreuil dans la banlieue parisienne. Il compte parmi les artistes français présents sur la scène internationale. Ses premiers travaux datent du début des années quatre-vingt, alors qu’il participait au mouvement punk. Il reste toujours fortement attaché à la création musicale ; la musique punk et industrielle, le hardcore, le hip hop, l’électro et le metal appartiennent à son univers d’artiste. Ses premières installations étaient inscrites dans une narration autobiographique, aujourd’hui elles placent le visiteur au centre de ses préoccupations dans des situations construites sur le trouble des sens. Le carton d’invitation déclare un combat personnel. Mais quel combat ? Contre qui ? Contre quoi ? La réponse est suggérée par un logo et une typographie ambrée.

L’installation, un empilement de caisses de bière rouges, sérigraphiées de lettres blanches, construit une enceinte qui longe et double les murs du lieu. Cet environnement de plastique rouge nous place au centre d’une distorsion de deux espaces et de leurs reflets dans une vitrine. Tout est baigné de lumière rouge. “Mon combat” rassemble les principales préoccupations de Claude Lévêque depuis la fin des années quatre-vingt.

L’évocation d’une histoire personnelle. Ici, les liens de l’artiste avec le rock alternatif, le mouvement punk et ses codes (Sid Vicious dans les rues de Londres une canette à la main. Les pogos noyés dans la bibine. “La bière”, chanson des Garçons bouchers, etc). Toute cette bière, ça fait combien de caisses ?

Le détournement d’objets usuels. Des caisses de bière rouges sérigraphiées de lettres blanches sont empilées sous forme de murs. La répétition de cet objet produit une image qui renvoie à Andy Warhol et ses tableaux en trois dimensions (“Diverses caisses”, 1964).

La construction d’un espace. Une enceinte de couleur rouge unifie intérieur et extérieur dans un effet de monochrome. Claude Lévêque construit des expériences avec l’espace, de préférence les espaces de l’isolement, cages, cellules, conditionnements, clôtures, … Par exemple cet appartement d’une cité HLM dont les murs sont recouverts de matelas dressés (“Appartement occupé”, Bourges, 1994).

“Un dispositif émotionnel instantané”. Cette installation nous plonge avec violence dans la lumière et la couleur rouge. Elle s’inscrit à la suite des environnements lumineux et sonores expérimentés ces dernières années où les sensations fortes sont obtenues avec une extrême économie de moyens.

Valérie Parenson

 

Claude Lévêque

Né en 1953 (France).
Vit et travaille à Montreuil.
Représenté par Kamel Mennour.

Thomas_HIrschhorn_2001_8

01 nov. — 29 déc. 2001

“Je dépense toute mon énergie à lutter contre la qualité de l’œuvre. Il ne faut pas viser l’amélioration, mais la dégradation. Il ne faut pas être mieux, il faut toujours être moins bien.” Thomas Hirschhorn

Artiste, travailleur, soldat. Les murs blancs et vides, le peu, l’étriqué ne sont pas franchement son genre. Touffues, envahissantes, les œuvres de Thomas Hirschhorn sont à l’image de la complexité du monde, avec son déluge d’informations quotidiennes, ses points de vue multiples et contradictoires, ses connexions en chaîne. Hirschhorn est un hyperactif qui fuit l’esthétisme comme la peste. Son vocabulaire plastique, volontairement fruste – pages de livres ou de magazines enveloppées dans du plastique, photocopies d’articles, papier d’aluminium, cartons, sacs poubelles, contreplaqué… – traduit le pragmatisme de sa démarche et le sentiment d’urgence qui l’inspire.

Face aux incohérences sociales, à l’injustice, au déséquilibre des richesses, il a choisi de travailler “politiquement”. Créer des liens entre différentes formes de pouvoir, exposer dans la rue comme dans les galeries ou les musées, s’opposer aux discours dominants, c’est travailler “politiquement”. L’artiste mène un combat. “La beauté doit être une arme contre le capitalisme”, dit-il.

Catherine Francblin

Textes extraits de Beaux-Arts magazine numéro spécial “Qu’est-ce que l’art aujourd’hui?”

Thomas Hirschhorn

Né en 1957 (Suisse).
Vit et travaille à Aubervilliers.
Représenté par Chantal Crousel, Gladstone.

WE'RE GONE2

13 sept. — 20 oct. 2001

Les algues recouvrent entièrement la cour de La Salle de bains. Disposées en tas irréguliers, les algues marines, fucus, ascophyllum, et autre lichen rouge, s’immiscent partout. Illégitimes, elles s’emparent d’un territoire peu familier. Les thalles semblent sortir tout droit des cavités et autres accidents de la cour… Au seuil de la salle d’exposition, les voici à nouveau… Omniprésentes. Réhydratées, elles retrouvent un semblant de lustre, de brillant… Mais ce brillant n’est qu’artifice. Trompeur et vain. Improbable occupation. Nostoc – algue gélatineuse des sols humides – et lichen, s’étaient déjà emparés des lieux. Les voici qui cèdent leur place à cet autre végétal chlorophyllien qui abonde sur les côtes rocheuses – son milieu d’origine – dans la zone de balancement des marées. L’installation est tout à la fois, évocation nostalgique d’un ailleurs et dispositif “scénique” que d’évidentes préoccupations écologiques traversent. La procédure n’est pas sans rappeler l’une des précédentes installations de Sylvie Sepic (La Salle de bains, 2000, Sous-Marine). Elle présente également une photographie, sorte de préambule indiciel à la part seconde ou première de son installation végétale : l’image d’un oursin, niché sur une clavicule humaine. “Hôte” indésirable, parasitaire. Parasitaires comme le sont aussi les algues de la cour…

Les travaux de Pascal Poulain relèvent d’un dessein programmatique. À Valence (Art 3, 2001, Ma bétonneuse, ton avion, son car), il avait présenté l’image d’un bus de tourisme. L’image “modèle”, agrandie à échelle 1, tirée sur bâche, s’étirait sur les murs et le plafond. En totale adéquation avec les intentions de son auteur, elle était limitée, contrainte par l’espace, devenu inapproprié à sa brusque démesure. Pour La Salle de bains, l’image qu’il ré-invente reproduit les formes partielles d’un avion. Poste de pilotage, dérive. Avant, arrière. Image “modèle”, numérisée, toujours, objet concret, surdéterminé de la modélisation, qui renvoie aux données propres à l’ingénierie industrielle. Cotes et codes. Signe. À l’inverse du véhicule de Valence, nulles traces ne se remarquent “d’hybridation photographique” Pascal Poulain présente ici, la “peau”, l’enveloppe “plastique”, tronquée et simplifiée à l’extrême de l’avion, devenu avion-signe. Jaune. L’adhésif, d’un jaune éclatant, “acrylique”, brillant, est directement appliqué sur les murs mats. Il recouvre une partie seulement de la surface donnée. Hybride. L’image-objet, objet-image, se plie, et s’adapte au volume – qui ne saurait contenir un avion tout entier –, de fait inapproprié, sous-dimensionné, donnant ainsi une nouvelle confi guration à l’espace. Pascal Poulain ne cherche pas à restituer la “lisse” image des sujets puisés dans la tangible réalité. Ce qu’il propose ? Une re-présentation possible, souhaitable, dépourvue de toute fonctionnalité. Son travail est de l’ordre du sous-entendu, de la recherche. Chaque élément processuel engagé s’inscrit au plus près du lieu qui le reçoit et cherche à en donner une image “physique” qui soit révélatrice.

Parcourant les volumes intérieurs et extérieurs de La Salle de bains : le son. Espace sonore. Conçue par Blue Baboon et Frz, cette pièce combine voix et mélodies. Les trois notes du thème – reprises d’un album des Beach Boys (Pet Sounds) – ont été figées comme un jingle. Et le jingle étiré ou compressé. Les accidents de voix, le thème de trois notes se retrouvent en séquences plus ou moins longues ponctuées de silences qui invitent à l’attente… Évidence de recouvrement. Envisagé comme une sorte de nappe, de plafond musical, le son recouvre les différents éléments de l’exposition We’re gone. Il constitue l’une des parts égales du dispositif stratifié mis en œuvre ici. Il en est aussi la “césure” essentielle.

Sophie Belle

Blue Baboon

Né en 1976 (France).
Vit et travaille à Lyon.
Aspic Records, Optical Sound.
Frz

Né en 1971 (France).
Vit et travaille à Lyon.

Pascal Poulain

Né en 1972 (France).
Vit et travaille à Lyon.

Sylvie Sepic
Vit et travaille à Lyon.

Cette exposition a reçu le soutien de Aspic Records.

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26 mai — 28 juill. 2001

Une série de plateaux circulaires concentriques oranges et gris tournent sur eux-mêmes dans des sens opposés, et un dispositif de vidéosurveillance retransmet instantanément ce qui se passe (ou le cas échéant ne se passe pas) sur les plate-formes mobiles, sur lesquelles le visiteur est autorisé à marcher, si l’envie lui prend de devenir l’objet de la promotion. Une liberté qui évoque moins celle laissée par Carl Andre au regardeur de piétiner la sculpture, de faire l’expérience de son horizontalité, que l’invention par Manzoni des “socles magiques”, capables de transfigurer momentanément le spectateur en sculpture.

Mais ici le spectateur montera sur les plateaux à son péril symbolique, le destin des articles “en promotion” étant plutôt d’être mis au rabais que de bénéficier d’un surplus de valeur.

Le dispositif ne montre rien, a priori, sinon sa propre capacité à exposer. Ou plus exactement, comme le suggère le titre, à promouvoir, ce qui est sensiblement différent – une monstration orientée vers la recherche du succès. L’objet de la promotion reste en fait indéterminé : auto-promotion de l’artiste, du spectateur, du dispositif lui-même… Tournant littéralement à vide, la promotion apparaît comme une fin en soi.

L’installation occupe tout l’espace, le double matériellement, mais redouble également sa fonction ; en procédant à la dissection analytique de l’espace d’exposition (non seulement comme espace physique, mais encore discursif – en l’occurence, dans sa fonction promotionnelle de showroom), le Dispositif Promotionnel #1 amène le spectateur à la prise de conscience de soi en tant que spectateur, d’une manière comparable à certaines procédures initiées par l’art conceptuel, mais le fait sur un mode prenant en compte l’intégration progressive de l’art à la sphère de l’industrie culturelle et de son assimilation croissante au régime des loisirs. C’est aussi en tant que cible marketing que s’effectue cette prise de conscience du spectateur.

L’un des objectifs de l’art dit “conceptuel” et apparenté consistait en la mise en évidence critique des conditions culturelles et matérielles de la production et de la réception de l’art ; et c’est bien à l’examen de ces conditions renouvelées qu’invite la pièce de Lilian Bourgeat. Comme la plupart de ses réalisations, l’installation rend sensible et intègre dans sa conception-même le parallèle structurel pouvant être établi entre le dispositif d’exposition – les conditions d’apparition de l’œuvre contemporain(e) – et, simultanément, le showroom commercial et la machinerie de fête foraine… Évoquant par son fonctionnement un manège, la pièce amène également le spectateur à la prise de conscience de soi en tant que cœur de la cible marketing.

Dispositif Promotionnel #1 prend en fait acte d’un glissement notable dans la fonction et la réception de l’espace d’exposition aujourd’hui. Des artistes comme Robert Smithson ou des critiques comme Lucy Lippard ont, par le passé, légitimement pointé les analogies existant entre, d’une part, les lieux d’exposition classiques (musée, galerie) et d’autre part le système de milieux d’enfermement propres aux sociétés “disciplinaires” (école, asile, armée, usine…), ainsi que le régime panoptique de visibilité qu’ils supposaient : un modèle de surveillance centré, rapporté à un point de vue unique (Puissance publique ou privée) auquel ne dérogeaient pas le musée ou la galerie entendues comme lieux de l’“enfermement culturel” (Smithson). L’installation de Lilian Bourgeat signale, elle, le passage de ce paradigme panoptique à un modèle de contrôle visuel décentré ; un changement de régime de visibilité symptômatique du passage de sociétés disciplinaires dans l’ère des sociétés de contrôle, fonctionnant non plus par enfermement, mais par contrôle continu et communication instantanée, comme l’a résumé Gilles Deleuze. En jouant de l’ambiguïté des fonctions de promotion (supposant un circuit ouvert, en vue de la diffusion vers l’extérieur) et de (télé)surveillance (fonctionnant en circuit fermé), l’environnement marque ce glissement entre deux modèles, de Bentham à Snake Eyes.

En quittant le pandemonium de la salle d’expo pour gagner le paradis du showroom (et en passant par la salle de bains, comme dirait l’artiste), la pièce constitue moins une “tentative d’évasion” (Lippard) qu’une adresse à la servitude volontaire qui semble désormais de règle pour les artistes dans leur désir d’auto-promotion. Si l’espace d’exposition avait pour fonction première de légitimer ou de sanctionner, il n’est aujourd’hui qu’un rouage (tremplin ou rampe de lancement) au sein d’une chaîne promotionnelle, ni plus ni moins important que la presse ou la télévision… Une adresse en filigrane, comme il est de mise pour une génération qui ne se retrouve plus dans les postures héroïques.

Vincent Pécoil

Lilian Bourgeat

Né en 1970 (France).
Vit et travaille à Dijon.
Représenté par Lange + Pult et Galerie Une.

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02 mars — 12 mai 2001

L’exposition d’Elisabeth Ballet à La Salle de bains se présente sous deux formes.

D’une part, une installation vidéo dont le film, réalisé à Berlin en 1996, a déjà été montré au Centre National de la Photographie à Paris. La vue du film est celle d’une cour d’immeuble. Elle remplace, le temps d’une exposition, la cour de La Salle de bains en prenant sa place dans la vitrine. La bande sonore qui accompagne le film joue à l’inverse du home cinéma un son distant de l’image, celui d’une personne déambulant dans un intérieur.

D’autre part, une photographie éditée en carte postale à 1000 exemplaires et qui fait suite encore une fois à un séjour en Allemagne, à Bonn cette fois. La photographie a été prise dans la rue et nous montre deux vélos recouverts par les liserons jaillissant d’une plate-bande. Véritable icône photographique de l’amour et de l’abandon, l’image s’est imposée d’elle même comme une carte postale.

“Ce n’est pas moi qui ai eu l’idée de montrer un exhibitionniste, il est venu à moi et forcément il y a une histoire qui a commencé… L’image montre la façade d’une résidence berlinoise orientée sur cour, le mur est recouvert d’un enduit orange. Entre la vitre de mon appartement et l’immeuble que je regarde s’élève le tronc dépouillé d’un marronnier, il n’y a pas de vent, pas d’oiseaux, pas de bruit ; le film se situe au milieu de l’hiver. Il habite en face, au deuxième, un étage au-dessus du mien. Exclusivement le dimanche ou les jours fériés, un homme nu apparaît et disparaît régulièrement derrière sa fenêtre, il y reste des heures ; de temps à autre il s’éloigne de ma vue, en prenant son temps, doucement, il s’assied sur ce qui doit être son lit. L’homme a une relation muette avec moi, il se tient debout, comme sur le devant d’une scène de théâtre, rideaux fermés ; rideaux à demi clos ; rideaux largement ouverts. Je travaille au premier étage de cet immeuble qui est vide de tout autre occupant le week-end, je suis seule avec lui, j’attends, et je le filme.”

Propos recueillis par Elisabeth Lebovici.

Elisabeth Ballet

Née en 1957 (France).
Vit et travaille à Paris.

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27 sept. — 28 oct. 2000

Sylvie Sepic produit des œuvres qui interrogent de manière ludique et incisive les conditions de production des images. On peut distinguer d’une part une analyse des stéréotypes et d’autre part une mise en scène de l’imaginaire. Alors que les clichés comportementaux sont dévoilés à travers l’usage détourné d’objets quotidiens dans une série de vidéos produites entre 1996 et 2000, sa nouvelle pièce Sous-Marine conçue pour La Salle de Bains nous plonge dans une expérience esthétique originale. La dizaine de courtes bandes vidéo réalisées présente des actions apparemment banales dans leur simplicité mais poussées jusqu’à l’absurde.

Elles sont toutes Sans titre avec… et déclinent un impressionnant cortège d’opérations à réaliser avec les objets qui nous entourent. Partant souvent d’une incongruité – comme un savon laissé dans une ambiance humide qui semble produire des “poils cristallins” – constatée dans son environnement proche, Sylvie Sepic sait percevoir et magnifier celle-ci jusqu’au comique.

La platitude apparente de ses descriptifs (“Ma bouche lèche le cul d’une bouteille filmée par son goulot”, 1’13”, “J’use la gomme en la frottant sur la silhouette de mon corps”, 6’ ou “Je fais fondre avec mon haleine un nounours en glaçon”, 7’09”) révèle toute la dimension ironique de ces films. En fait, nous sommes piégés comme spectateurs-voyeurs d’actions pas si innocentes en pour ce qu’elles suscitent dans notre inconscient. Par exemple dans “Sans titre avec savon”, 2’30”, un homme et une femme se font face. Entre eux, un petit canard qu’ils maintiennent avec les lèvres et qu’ils vont sucer jusqu’à ce qu’il fonde sous l’action de la salive et tombe. Ce qui part comme une entreprise ludique et joyeuse évoque dans la durée à la fois la souffrance, lorsque l’on pense qu’il s’agit de savon et d’autre part l’insatisfaction d’un geste qui n’est pas un baiser. Le procédé de la mise en boucle accentue le mal aise et renvoie à l’échec de la rencontre qui n’aboutit pas. Pourtant il n’y a pas de pathos ou de douleur dans les vidéos de Sylvie Sepic, en cela elle s’éloigne de l’art corporel des années 1970-80 d’Abramovic et Ulay par exemple. Il ne s’agit pas d’une tentative d’épuisement. C’est plutôt dans l’ambiguïté du jeu et la suspension d’un état “entre-deux” que s’affirme la dualité du statut du corps. Ramené à un état d’ustensile, il est une machinerie à astiquer, mettre en branle ou porter. C’est l’égalité corps-objet qui est troublante. Ainsi l’homme dansant sur un socle de savon de Soap-solo, 1997, 2’30”, est pathétique dans sa recherche de stabilité même. Projetée à échelle un, l’œuvre évoque le format de la peinture d’histoire représentant des figures héroïques. Le fond sonore est issu des musiques de western mais c’est un homme nu qui danse tentant de maintenir une érection. Les figures qu’il dessine évoquent la statuaire antique mais toute la mise en scène met à bas ces références et nous maintient dans un présent perpétuel. Comme si la modernité de Sysiphe se résolvait dans une volonté de bandaison éternelle. Ce qui nous fait réfléchir sur les stéréotypes idéaux de jeunesse et d’apparence lisse que la société se construit.

On retrouve la dualité et la création d’une ambiance sonore paradoxale dans la nouvelle installation de Sylvie Sepic Sous-Marine. Un bruit aquatique émane de l’espace d’exposition. Nous sommes invités à pénétrer la galerie plongée dans l’obscurité. Tandis que l’œil s’accoutume à la pénombre, on distingue des petits rais de lumière venant du fond de la pièce. Notre système de perception s’acclimate et l’on réalise que le scintillement lumineux réagit aux vibrations sonores. La post-synchronisation accentue l’étrangeté de l’ambiance. À la fois relaxante par sa répétition et inquiétante parce que sa source reste cachée, cette musique évoque les cavités rocheuses envahies par le ressac.

Instinctivement guidé vers la lumière, le spectateur se dirige vers la cour où il est ébloui par l’intensité des spots dirigés vers lui. Déstabilisé, il recule et retourne vers l’obscurité connue ou bien peu contourner les éclairages et appréhender le système auquel il a été soumis. Métaphore hypnotique du passage de spectateur à acteur, Sous-Marine possède une forte dimension esthétique qui se mesure à la distance de regard de chacun. Elle joue aussi sur la frustration et l’impossibilité d’être à la fois dehors et dedans, sujet et objet. Ou peut-être est-ce encore la tentative de maintient d’un équilibre précaire entre la surface et la profondeur ? C’est aussi bien sûr une allégorie de l’origine, du mystère de la grotte ou simplement des racines d’une artiste vers les rivages de la Croatie (où les sons ont été enregistrés) et vers la peinture.

Sylvie Sepic questionne là le statut de la représentation sans nostalgie. Le passage de l’ambiance à l’image mentale qu’elle produit est sans cesse réactivée. En cela elle trouve un mode de fabrication du réel qui prolonge l’imaginaire entre profondeur et surface : fluide.

Marie de Brugerolle

Sylvie Sepic

Vit et travaille à Lyon.

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07 juill. — 07 sept. 2000

Art Normal propose un ensemble d’œuvres possibles. Leur forme est faible, mais réquisitionne l’énergie d’un groupe. Chacune d’elle répond à un programme déterminé et contient les éléments d’une déclinaison possible (forme, couleur…). Leur construction s’effectue durant tout l’été dans un rythme irrégulier (2 semaines, 6 semaines, 1 semaine). Voici la manière dont nous travaillons : Nous nous réunissons régulièrement à la Salle de bains ou autour d’un verre. Gwenael nous accueille souvent chez lui. Les thèmes de nos discussions sont nombreux mais peu variés :

Que faire à La Salle de bains? Quels artistes inviter? Qu’est-ce que l’art? Comment faire de l’art? Le théâtre est-il un exercice possible? La peinture nous fascine toujours autant. Comment gagner notre vie? Musique, cinéma, sport, actualité économique et politique. Nous parlons aussi longuement des objets de design. Les propositions de chacun sont différentes : projet de sculpture, de spectacle, de design ou d’architecture, ou simplement projet de mot, de forme. Nous utilisons les références sans discernement. Nous aimons faire pareil que ce que nous voyons. Certains de ces projets se concrétisent sur scène ou dans nos appartements. Nous échangeons les photos, les dessins, les objets que chacun produit ainsi. Nous partageons les livres et les outils. L’art est pour nous un exercice normal, tout le temps. Rien de grave dans tout ça.

Art Normal

Art Normal est une proposition du collectif de La Salle de bains (François Dodet, Lionel Mazelaygue, Gwenael Morin et Olivier Vadrot).

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04 mai — 01 juill. 2000

La pièce se présente sous forme de trois vélos bleu ciel aux formes plus ou moins évoluées. Les vélos sont-ils des véhicules, des sculptures, des sculptures servant de véhicules, des véhicules servant de sculpture?
Technologiquement au point, ils sont utilisables : ce sont donc des véhicules. Mais simplifiés à l’extrême ils deviennent des modèles, des archétypes de vélos, des figures, presque des images.

Avec Les vélos, Xavier Veilhan joue à la limite entre la réalité fonctionnelle et la puissance de représentation de l’objet, complétant, rattrapant l’une par l’autre mais sans jamais investir complètement l’une ou l’autre des catégories.

Au contraire, l’artiste semble précisément avoir choisi des vélos comme pour mieux circuler à travers elles. Vous noterez qu’un vélo à l’arrêt est un vélo en déséquilibre. Par ailleurs, le caractère objectal des trois vélos artisanaux de Xavier Veilhan rompt à priori avec les propositions spatiales habituelles de la Salle de bains. Œuvres d’art, les vélos affirment leur légitimité dans un espace d’exposition. Mais parce qu’ils sont aussi utilisables, ils déplacent l’espace réel du lieu à l’espace virtuellement praticable par un vélo normal. Par là même le “in situ” de la Salle de bains relayé par Les vélos change d’échelle.

Valérie Parenson

Xavier Veilhan

Né en 1963 (France).
Vit et travaille à Paris.
Représenté par Andréhn-Schiptjenko, Emmanuel Perrotin et 313 Art Project.

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25 nov. 1999 — 22 janv. 2000

Au delà de l’enjeu que constitue une première exposition personnelle, le travail de Frédéric Rouarch à la Salle de bains devait répondre à l’attente des visiteurs de cet été. Laurent Pariente avait savamment brouillé la reconnaissance de ce nouveau lieu de présentation de l’art contemporain, Frédéric Rouarch le révèle tel qu’il est : un endroit ordinaire, aux dimensions réduites, dont l’identité reste marquée par son ancienne fonction de logement.

L’intervention de Frédéric Rouarch est indéfinie dans l’espace et dans le temps. Elle agit comme un fil conducteur, elle explore l’espace hier fractionné, elle accompagne le visiteur dans sa ronde et l’oblige à se contorsionner pour une gymnastique pas uniquement intellectuelle. Multiforme et évolutive, elle subit les manipulations de l’artiste et des visiteurs, elle occupe aujourd’hui un espace qu’elle abandonnera le lendemain. Elle construit ainsi un dessin sans cesse animé, vision macroscopique et en trois dimensions d’un simple gribouillis d’enfant.

Dispersée sur le sol, aplatie contre un mur ou rassemblée en pelote, son destin reste incertain. Le matériau utilisé semble lui-même échapper au jugement, mi-mou mi-dur, mi-flexible mi-rigide, mi-beige mi-beige, on ne sait qu’en penser: matériau de récupération ou nouvelle technologie ? Seul élément certain, la longueur de la chose: Trois cent cinquante mètres, indication peut-être offerte en vue d’une inscription au livre Guiness des records. Anticonstitutionnellement. On se prend alors à chercher les bouts, on aspire des yeux le tube comme on ferai avec la bouche d’un spaghetti. À ce jeu là on peut faire des rencontres (la célèbre scène du plat de spaghetti dans La Belle et le Clochard de Walt Disney).

Valérie Parenson

Frédéric Rouarch

Né en 1969 (France).
Vit et travaille à Lyon.

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08 juill. — 25 sept. 1999

L’inauguration de La Salle de bains se fait par la construction d’un labyrinthe. Laurent Pariente a dressé une série de couloirs et de portes à l’intérieur desquels le visiteur déambule comme il le ferait dans un appartement vide. Mais il s’agit ici d’un espace pur, parfaitement blanc et mat, qui échappe à toute détermination fonctionnelle. Le visiteur est enveloppé par l’œuvre qui se dérobe sans cesse à son regard. Et la craie qui recouvre les parois le marque au moindre faux-pas.

Laurent Pariente

Né en 1962 (Algérie).
Vit et travaille à New York.
Représenté par Frank Elbaz.