North Circular, Merlin Carpenter, 2026
Pièces détachées de Mercedes-Benz eActros 600, emballages, poster. Dimensions variables.
Pièces détachées de Mercedes-Benz eActros 600, emballages, poster. Dimensions variables.
North Circular, Merlin Carpenter, 2026
Mercedes-Benz eActros 600 truck parts, packaging, poster. Dimensions variable.
Mercedes-Benz eActros 600 truck parts, packaging, poster. Dimensions variable.
North Circular
Du 23 octobre 2026 au 16 janvier 2027From 23 October 2026 to 16 January 2027
Vernissage
le vendredi 23 octobre 2026 à 17hle Friday 23 October 2026 à 17h
Mon exposition Warning Signs à Zurich en mars dernier, représentait un modèle 3D artificiel. Un modèle qui pouvait traiter de potentiels résultats, à la fois dans le passé et dans le futur. Sans l’avoir mentionné à l’époque, je le consi dérais seulement comme la couverture d’un autre modèle, celui du concept de valeur. Ma modélisation est de nature synthétique, elle ne tend en rien vers la vérité. Mais le modèle de la valeur est également artificiel d’une certaine manière. Dans la théorie portant sur la forme valeur, il n’y a pas de différences entre la valeur d’échange et la valeur d’usage, bien que la valeur d’échange soit souvent consi dérée comme mauvaise. En fait, l’usage et l’échange font entièrement partie de la valeur (le travail dans sa forme abstraite). Ils forment un binôme qui ne peut pas être séparé. Un objet marchand exprime la valeur de chacun d’eux, à savoir leur « usage ». Ainsi, ce qui se passe au sein même du code interne de la valeur capitaliste est aussi arbitraire en un sens, ou peut seulement être décrit à travers une projection, une projection à propos de ce qui détermine l’inderterminé.
Un arbitraire conditionnel : prenons par exemple le « monde ». Dans sa manifestation post-internet, ce soi disant monde exprime cet arbitraire comme un deuxième monde, un « autre » jour. Comme si on accédait à la carte de recommandations avant même celle de la ville. Dans le cas d’une exposition à Lyon, la carte d’invitation et le buzz des réseaux sociaux deviennent le plat principal. Le «monde du dehors» n’est en réalité qu’une petite boîte de test sur mesure, destinée à réguler les circuits électro niques qu’elle renferme. Dans leur ouvrage récent The Subject of Counterrevolution¹, le SdA envisage les rela tions entre un événement et son positionnement virtuel sous l’angle de la guerre de l’information. Même si un événement est réel, il a certainement été prémédité par des acteurs intéressés. Par conséquent, « il est seulement possible de revenir du mythe à la réalité, du rêve à la cause réelle, ou de l’interprétation médiatique de l’événement à l’événement même, parce qu’une infrastructure matérielle complexe et un code de programmation inconnu se situent entre les deux». Autrement dit, il faudrait «esquisser» une image contingente de ce qui se cache derrière ce proces sus, sur un terrain radicalement inconnu.
Un camion électrique est un moyen de circulation, ses qualités virtuelles ne contredisent aucunement son appa rence massive, tout comme sa fonction de transport permet le travail productif plutôt que de le nier. Sous l’épi derme du camion, se trouve un autre épiderme, les « pièces détachées » Mercedes. Fragments inclus, ils existent en tant que technologie façonnée par la valeur, travailleurs inertes ayant soif de travail vivant, leur assis tant actuel étant le chauffeur de poids-lourd dont on n’aura bientôt plus besoin. Les marchandises sont de toute façon incomplètes puisqu’elles ne sont que des moments à l’intérieur d’une chaîne de valeur ; et les pièces détachées du camion existent à un troisième niveau, elles-mêmes incomplètes, bien que pleinement marchandises, celles qui composent la marchandise camion. À l’instar des pièces d’une maquette en plas tique liées par des relations sociales incroyablement étroites à l’intérieur de leur boîte Airfix™ – avec de la matière entre elles à la place de l’air –, ou comme des parties corporelles se protégeant du véritable tour billon de la pulsion de mort. Si ces éclats graphiques deviennent ce méta-modèle régulateur, les pièces détachées dans l’exposition n’expriment pas la mise en place d’un ordre de valeur, mais se présentent simple ment sous forme d’agencements discrets. La formation d’un modèle sous-jacent est, dans sa contingence, à la mesure de la gravité du véritable antagonisme : non pas entre l’usage et l’échange, mais entre la valeur et le travailleur.
Merlin Carpenter, Lyon, Octobre 2026
Commissaire d'exposition : Benoît Lamy de La Chapelle
Cette exposition est accompagnée d’une publication Paths in Merlin Carpenter's Painting, comprenant un essai écrit par Benoît Lamy de La Chapelle, analysant l'approche de Merlin Carpenter à travers sa pratique de la peinture, depuis ses premières réponses et réactions à la peinture jusqu'à ses positions les plus récentes.
Un arbitraire conditionnel : prenons par exemple le « monde ». Dans sa manifestation post-internet, ce soi disant monde exprime cet arbitraire comme un deuxième monde, un « autre » jour. Comme si on accédait à la carte de recommandations avant même celle de la ville. Dans le cas d’une exposition à Lyon, la carte d’invitation et le buzz des réseaux sociaux deviennent le plat principal. Le «monde du dehors» n’est en réalité qu’une petite boîte de test sur mesure, destinée à réguler les circuits électro niques qu’elle renferme. Dans leur ouvrage récent The Subject of Counterrevolution¹, le SdA envisage les rela tions entre un événement et son positionnement virtuel sous l’angle de la guerre de l’information. Même si un événement est réel, il a certainement été prémédité par des acteurs intéressés. Par conséquent, « il est seulement possible de revenir du mythe à la réalité, du rêve à la cause réelle, ou de l’interprétation médiatique de l’événement à l’événement même, parce qu’une infrastructure matérielle complexe et un code de programmation inconnu se situent entre les deux». Autrement dit, il faudrait «esquisser» une image contingente de ce qui se cache derrière ce proces sus, sur un terrain radicalement inconnu.
Un camion électrique est un moyen de circulation, ses qualités virtuelles ne contredisent aucunement son appa rence massive, tout comme sa fonction de transport permet le travail productif plutôt que de le nier. Sous l’épi derme du camion, se trouve un autre épiderme, les « pièces détachées » Mercedes. Fragments inclus, ils existent en tant que technologie façonnée par la valeur, travailleurs inertes ayant soif de travail vivant, leur assis tant actuel étant le chauffeur de poids-lourd dont on n’aura bientôt plus besoin. Les marchandises sont de toute façon incomplètes puisqu’elles ne sont que des moments à l’intérieur d’une chaîne de valeur ; et les pièces détachées du camion existent à un troisième niveau, elles-mêmes incomplètes, bien que pleinement marchandises, celles qui composent la marchandise camion. À l’instar des pièces d’une maquette en plas tique liées par des relations sociales incroyablement étroites à l’intérieur de leur boîte Airfix™ – avec de la matière entre elles à la place de l’air –, ou comme des parties corporelles se protégeant du véritable tour billon de la pulsion de mort. Si ces éclats graphiques deviennent ce méta-modèle régulateur, les pièces détachées dans l’exposition n’expriment pas la mise en place d’un ordre de valeur, mais se présentent simple ment sous forme d’agencements discrets. La formation d’un modèle sous-jacent est, dans sa contingence, à la mesure de la gravité du véritable antagonisme : non pas entre l’usage et l’échange, mais entre la valeur et le travailleur.
Merlin Carpenter, Lyon, Octobre 2026
Commissaire d'exposition : Benoît Lamy de La Chapelle
Cette exposition est accompagnée d’une publication Paths in Merlin Carpenter's Painting, comprenant un essai écrit par Benoît Lamy de La Chapelle, analysant l'approche de Merlin Carpenter à travers sa pratique de la peinture, depuis ses premières réponses et réactions à la peinture jusqu'à ses positions les plus récentes.
My show "Warning Signs" in Zurich in March 2026 pictured an artificial 3D model. A model which could process poten tial outcomes backwards and forwards in time. But though I did not mention it at the time, I saw this as only an overlay to another model, one of value. My model-building is a synthetic affair, without any set truth claims. But the value model is also in some sense artificial. In value form theory, there is no separation between exchange value and use value, even though exchange value is often seen as being bad. In fact both use and exchange are integral aspects of value (labour in abstract form). They form a double which actually cannot be separated. One commodity expresses the value of each other - that is their "use". So what happens on the internal code strip of capitalist value itself is also arbitrary to a degree, or can only be described through a projection, projection about what determines the indeterminate.
A conditional arbitrariness, for example consider the "world" itself. In its post-internet manifestation this so called world expresses this arbitrariness as second world, an "other" day. Like a map of recommendations that precedes the city's own map. Here in an exhibition in Lyon, the invitation card, the social media buzz, are actually the main meal. The "world outside" is in fact only a small custom made test box to regulate the electronic circuits within. In their recent book "The Subject of Counterrevolu tion"¹ the SdA talk about the relationship between the event and its virtual positioning as informational warfare. Even though an event may be real, it has quite likely been instigated as plan by interested actors. Because of this: "It is only possible to go back from myth to reality, from dream to real cause, or from media evaluation event to real event, because a complex material infrastructure and unknown program code lies in between." In other words you'd need to "lay out" a contingent picture of what lies behind this process, on a radically unknown ground.
An electric truck is a means of circulation, its virtual quality in no way contradicting its apparent large mass, just as its transportation role enables rather than denies productive labour. Under the skin of the truck is another skin - the Mercedes "parts". Impacted fragments, they exist as tech nology shaped by value, dead labour thirsty for some living labour, their current helper a truck driver who soon will not even be needed. Commodities are anyway incomplete, because they are only moments within a value chain; and the truck parts are existing on a third order, themselves incomplete, yet fully commodities, ones that make up the truck commodity. Like pieces of a plastic model kit bound up in impossibly tight social relations inside their Airfix box with matter between them instead of air, or like body parts protecting themselves from the real vortex of the death drive. Although pictorial shards become this regulating meta-model, the parts in the show do not express the laying out of a value order, but merely fall into place as low key arrangements. The formation of an underlying model is adequate in its contingency to gravity of the true antagonism: not between use and exchange but between value and the worker.
Merlin Carpenter, Lyon, October 2026
Curated by : Benoît Lamy de la Chapelle
This exhibition is accompanied by a publication, Paths in Merlin Carpenter's Painting, which includes an essay written by Benoît Lamy de La Chapelle, analysing Merlin Carpenter’s approach through his painting practice, from his earliest responses and reactions to painting to his more recent positions.
A conditional arbitrariness, for example consider the "world" itself. In its post-internet manifestation this so called world expresses this arbitrariness as second world, an "other" day. Like a map of recommendations that precedes the city's own map. Here in an exhibition in Lyon, the invitation card, the social media buzz, are actually the main meal. The "world outside" is in fact only a small custom made test box to regulate the electronic circuits within. In their recent book "The Subject of Counterrevolu tion"¹ the SdA talk about the relationship between the event and its virtual positioning as informational warfare. Even though an event may be real, it has quite likely been instigated as plan by interested actors. Because of this: "It is only possible to go back from myth to reality, from dream to real cause, or from media evaluation event to real event, because a complex material infrastructure and unknown program code lies in between." In other words you'd need to "lay out" a contingent picture of what lies behind this process, on a radically unknown ground.
An electric truck is a means of circulation, its virtual quality in no way contradicting its apparent large mass, just as its transportation role enables rather than denies productive labour. Under the skin of the truck is another skin - the Mercedes "parts". Impacted fragments, they exist as tech nology shaped by value, dead labour thirsty for some living labour, their current helper a truck driver who soon will not even be needed. Commodities are anyway incomplete, because they are only moments within a value chain; and the truck parts are existing on a third order, themselves incomplete, yet fully commodities, ones that make up the truck commodity. Like pieces of a plastic model kit bound up in impossibly tight social relations inside their Airfix box with matter between them instead of air, or like body parts protecting themselves from the real vortex of the death drive. Although pictorial shards become this regulating meta-model, the parts in the show do not express the laying out of a value order, but merely fall into place as low key arrangements. The formation of an underlying model is adequate in its contingency to gravity of the true antagonism: not between use and exchange but between value and the worker.
Merlin Carpenter, Lyon, October 2026
Curated by : Benoît Lamy de la Chapelle
This exhibition is accompanied by a publication, Paths in Merlin Carpenter's Painting, which includes an essay written by Benoît Lamy de La Chapelle, analysing Merlin Carpenter’s approach through his painting practice, from his earliest responses and reactions to painting to his more recent positions.
Liste des œuvres :
List of works :
North Circular, Merlin Carpenter, 2026
Pièces détachées de Mercedes-Benz eActros 600, emballages, poster. Dimensions variables.
Pièces détachées de Mercedes-Benz eActros 600, emballages, poster. Dimensions variables.
North Circular, Merlin Carpenter, 2026
Mercedes-Benz eActros 600 truck parts, packaging, poster. Dimensions variable.
Mercedes-Benz eActros 600 truck parts, packaging, poster. Dimensions variable.
North Circular, 2026
Affiche
Merlin Carpenter (*1967, Pembury)
Merlin Carpenter vit à Shepperton et travaille à Londres et Berlin. Il est diplômé de la Central Saint Martin’s School of Art de Londres.
Merlin Carpenter vit à Shepperton et travaille à Londres et Berlin. Il est diplômé de la Central Saint Martin’s School of Art de Londres.
Merlin Carpenter (*1967, Pembury)
Merlin Carpenter lives in Shepperton and works in London and Berlin. He is a graduate of Central Saint Martins School of Art in London.
Merlin Carpenter lives in Shepperton and works in London and Berlin. He is a graduate of Central Saint Martins School of Art in London.
graphisme de l'édition : Termite Lounge
book design : Termite Lounge
La Salle de Bains reçoit le soutien de la Région Auvergne Rhône-Alpes, de la Ville de Lyon et du Ministère de la Culture - DRAC Auvergne-Rhône-Alpes.
Cette exposition reçoit le soutien de Fluxus Art Projects.
L'édition reçoit le soutien de Romain Leclere et Reena Spaulings Fine Art (New York).
Cette exposition reçoit le soutien de Fluxus Art Projects.
L'édition reçoit le soutien de Romain Leclere et Reena Spaulings Fine Art (New York).